Who Dares Wins est un album qui fait plaisir. Pas parce que la pochette est un réel progrès par rapport à celle de
My Own Revolution, mais parce qu'on attendait pas
Dyslesia à pareil niveau. Dès les premiers instants, on comprend qu'on va s'en prendre une sévère à travers la face, le genre de gifle qui s'accompagne toujours d'une seconde et pas forcément sur l'autre joue. Quand on écoute Beware Of Life Demons, on se rend compte que le groupe dispose d'un son plus massif, qui fait ressortir une agressivité qui était jusqu'alors dissimulée par un son trop lisse, une production trop timide. Aussi, on est tenté de regarder qui est aux manettes derrière ce disque et on a la bonne surprise de découvrir
Dennis Ward (
Pink Cream 69). Ce dernier à dopé le son de Dyslesia sans pour autant trop en faire. Le groupe déploie un arsenal puissant sans perdre sa pêche. Là, on commence à avoir une certitude, celle que l'on tient un très bon disque de metal français !
Le second titre arrive comme une confirmation : Rest In Space est un mid tempo aux tons joyeux qui est construit comme un hymne, comparable dans l'idée au Future World d'
Helloween. Un titre qui reste facilement en tête et qui va rapidement devenir un indispensable pour tous les concerts futurs de Dyslasia. Décidément, c'est une affaire qui se présente sous les meilleurs auspices et la suite n'est pas pour contredire cet état de faits. En effet, Unknown Fighter est une composition rapide, aux accents héroïques, épiques. En jetant un coup d'oeil aux crédits de cette piste, on constate qu'elle a été coécrite avec
Luca Turilli de
Rhapsody (qui n'était alors pas of Fire), un gage de qualité, assurément ! On reconnait bien là le style de l'Italien, tout en puissance, généreux et ébouriffant.
On pourrait continuer ainsi un bon moment, mais à quoi bon ? Who Dares Wins est un album très bien écrit. Dyslasia s'est défait des touches progressives qui le caractérisait sur son premier disque. Le groupe a durci le ton et s'apparente de plus en plus à des groupes comme Helloween ou
Gamma Ray dans le style, sans pour autant être une vulgaire copie mille fois entendue dans un univers musical où il est si facile de tourner en rond. On remarquera également que le chant de
Thierry Lebourg est nettement plus intéressant sur cet opus : fini les montées dans les aigus pas forcément nécessaires, il module mieux sa voix et son montre même percutant (Beware Of Life Demons). On remarque également que certains choeurs sont plus virils, à l'image de ceux de Just About A Dream qui viennent donner une plus value intéressante au morceau.
On peut féliciter Dyslesia sur de nombreux points. Déjà, d'avoir fait appel à
Fabrice Dutour qui a su insuffler du mordant aux compositions du groupe en allant directement aux faits. Puis pour avoir su bien s'entourer lors de l'élaboration de ce disque. On pourra juste regretter que tout ne soit pas du même niveau et qu'il y a un peu de remplissage à l'instar de Bring The Sunlight Back qui n'apporte rien à l'ensemble. Mais Who Dares Wins reste un disque recommandable, qui prouve que ce que l'on nomme traditionnellement le speed mélodique n'est pas que l'apanage des Allemands. Et que dans ce domaine, Dyslesia a non seulement assimilé les leçons des ténors du genre, mais qu'il serait bien capable de rivaliser sur ce terrain avec les plus grands.
Une réussite trop méconnue.