Une pochette, ça peut dire beaucoup de choses. Prenons celle de Breathe justement. Un joli logo sur fond blanc et ce visage figé, dans une baignoire, qui lâche un dernier souffle, teinté de sang. On en viendrait à deviner que derrière
Ashka se cache un énième groupe de goth metal à chanteuse, on se prend à espérer qu'il présente un peu plus d'intérêt que 95% de ses confrères (et là, le verso donne un second indice, qualitatif ou non : le terme "mort" ou "death", voire "suicide" n'apparait pas !).
Comme quoi, une pochette, c'est trompeur. Ashka évolue plus aisément dans un metal moderne légèrement teinté de gothique (mais un simple soupçon, c'est presque négligeable) que dans un style où Baudelaire trouverait un vulgaire ersatz de ses Fleurs du Mal. Musicalement déjà, c'est du costaud. Mention spéciale à
Eric, le batteur, qui donne une solide assise rythmique à l'ensemble, dans un style très sec, carré et efficace. L'emploi de la double pédale sur Sarcophage est fait à bon escient et ne vient pas alourdir une musique qui navigue toujours entre deux eaux. Entre les rivages calmes d'une plage au clair de lune à la violence d'un bain de minuit hanté par un grand requin blanc, Ashka évolue, progresse, incapable de rester en place. Inutile de chercher ne serait-ce qu'un semblant de power ballad, le groupe trouvera toujours une raison pour envoyer la sauce et vous déboucher les cages à miel aussi sûrement qu'un ours.
Quant à la chanteuse, encore une fois, la pochette s'est montré traitresse !
Amélie semble avoir plus de points communs avec
Angela Gossow d'
Arch Enemy qu'avec
Tarja Turunen. Quant à son chant clair, il vaut mieux chercher du côté de
Kimberly Goss une quelconque affinité : douce, mais qui sait se faire volontaire. La dualité de sa voix donne un cachet supplémentaire à l'ensemble. Souvent, elle semble nous caresser dans le sens du poil, mais ne vous y trompez pas, c'est pour mieux vous l'arracher ensuite (Breathe).
Cette courte démo (trop courte, encore une fois...) montre un groupe qui puise aussi bien dans le registre du neo metal que dans le death et qui ne se contente pas de copier bêtement ce que font leurs aînés. Petit à petit, Ashka se forge un son qui lui est propre, propose des morceaux de plus en plus travaillés et intéressants. Pas que de simples motifs à headbangings effrénés lors de concerts mais de véritables compositions finement ciselées qui, en plus, jouissent d'une production tout ce qu'il y a de plus acceptable. La démo est disponible avec un DVD bonus qui propose clips et galeries photos, un petit supplément très pro et surtout, très sympathique.
Ashka est un groupe qui mérite que l'on se penche sur son cas. En espérant que ce ne soit pas un coup d'épée dans l'eau. Pour porter un jugement plus définitif, on attendra un véritable album, afin de voir comment ce jeune combo parisien peut tenir sur la longueur. A découvrir en tout cas.