Cowboys From Hell était génial, Vulgar Display of Power énorme, Far Beyond Driven est juste grandiose. Enfin "juste" est un bien faible mot pour définir ce que
Pantera a pu apporter dans les années '90. C'est un renouveau frais, incisif et putain de bon. Un langage trop conventionnel ne collerait pas à ce qu'était
Pantera.
Pour Far Beyond Driven, les Texans signent chez East West Records et s'enferment dans le studio studio de Nashville avec l'éternel Terry Date. L'évolution suit toujours son cours, avec un combo prêt à en découdre, et prêt à déferler avec son thrash/power ricain.
On peut déjà mentionner le son de ce nouvel opus comme étant beaucoup plus sec et rentre dedans que Vulgar Display of Power, ce dernier disque se veut beaucoup plus violent que Cowboys From Hell. A croire que
Pantera a décidé d'être de plus en plus hargneux dans sa méthode de composition. Toujours est-il que Far Beyond Driven reste l'une des plus brillantes sorties des Américains et cela en continuant d'évoluer.
Personne ne pourra reprocher à la bande des frères Darrell de sortir deux fois le même album, puisque Far Beyond Driven incorpore des parties hardcore décelables dès les premières notes du puissant "Strength Beyond Strength". Le chant de Phil Anselmo se veut plus braillé, beaucoup moins clair que par le passé. Le bonhomme laisse ses capacités vocales exploser à la limite de la sauvagerie. L’attitude du groupe évolue également dans ce registre, puisqu'il cherche à être plus violent, coûte que coûte.
Les textes d’Anselmo sont même provocateurs, comme l’anecdotique « 5 Minutes Alone », écrit en réponse à un père de famille l'ayant provoqué. Ce titre reste d'ailleurs l’un des plus emblématiques du combo, tout comme la piste suivante, « I’m Broken ».
Le leader apparaît plus écorché, avec des textes personnels comme celui de « Becoming ». C’est aussi à cette période que le frontman commence à prendre des décontractants musculaires pour son dos, et qu’il débute son addiction à l’héroïne. D'où des titres à l’image de « Good Friends and a Bottle of Pills », très évocateur de son état d’esprit du moment. Sa dépendance se ressent encore davantage sur The Great Southern Trendkill, sur lequel sa voix sonne de manière dérangeante.
Musicalement, tout est carré, joué au millimètre près, avec un feeling et un groove ahurissants. Dimebag branle son manche avec une facilité déconcertante et ce style qui lui est propre. Le guitariste n’en fait pas trop, il sait se faire plaisir et c’est un bonheur pour nos oreilles. Ses riffs thrash sont moulés dans l’acier, le gratteux nous montre humblement que la guitare est un instrument impressionnant, ce que la chanson « Use My Third Arm » (no comment) démontre avec brio. La base rythmique composée de Rex et Vinnie reste une valeur sûre (« Good Friends and a Bottle of Pills »), le duo suit les délires « guitaristiques » de Dime et fait ce qu’on lui demande.
On note la présence de la reprise de « Planet Caravan » de
Black Sabbath, où la formation transcende le morceau en y apportant son âme texane.
Le troisième album de
Pantera bénéficie également d’un franc succès auprès du public à sa sortie ; il apparaît à la première place du Billboard (charts américains), s'arrache en Australie et au Royaume-Uni. C'est une performance remarquable pour ce groupe de metal, adulé et respecté.
• Far Beyond Driven n’est pas une arnaque, il reste l’une des sorties majeures de l’année 1994.
Pantera brille par sa musique avec hargne. Une performance de la formation de Dallas qui reste et restera l’une des plus influentes dans le milieu.