Mine de rien, Helloween commençait à sortir la tête de l'eau. Après une telle traversée du désert, ils ont trouvé la mer, pas un simple oasis miraculeux. Depuis l'arrivée d'
Andi deris, le groupe a retrouvé de sa superbe malgré un changement de son, devenant plus heavy pour s'adapter à la voix du chanteur.
Pour Better Than Raw, le groupe change d'illustrateur et de logo. La citrouille d'origine laisse place à une autre, plus menaçante et on se retrouve avec une pochette très colorée où une sorcière en petits sous-vêtements gothique nous explique comment faire un potage de citrouille, même si ce n'est pas au goût des cucurbitacées. L'humour est toujours au rendez-vous, véritable marque de fabrique du groupe.
Toujours accompagnés du fidèle producteur
Tommy Hansen (enfin, plus pour longtemps !), le groupe s'enferme en studio en 1997, après une tournée éreintante. Là, il développe cet album haut en couleurs, bénéficiant d'une production un poil de cul meilleure que celle du précédent effort studio,
The Time Of The Oath. Better Than Raw sera précédé par un single, I Can, qui montrera au Japon le groupe, dans le reste du monde une citrouille new look ayant fait de la boxe. Un titre direct, mid tempo avec un pré-refrain très mélodique, dans des tons pop, qui passe très bien. Choix idéal, donc, accompagné d'un autre titre de l'album, un autre mid tempo, Handful Of Pain qui se veut plus sombre. En bonus, un titre extraordinaire, A Game We Shouldn't Play (heureusement disponible sur le remaster de l'album !) vient compléter ce single.
On peut s'attendre à un album plus posé, mais en fait, Better Than Raw est dans la continuité d'un Time Of The Oath, en plus varié. On retrouve une introduction signée par le batteur
Uli Kusch qui mèle musique classique et parties typiquement heavy metal, avant un Push explosif, au riff limite thrash. Andi Deris se fend d'un chant surraigu, à la manière d'un
rob Halford et
Roland Grapow vient lui donner la réplique avant un refrain dévastateur. On est surpris, pas forcément séduit de premier abord, surtout que le groupe récidive dans ce format speed metal aux frontières du thrash sur Revelations, morceau de bravoure de l'album avec ses huit minutes assumées. Le batteur rappelle ainsi son passé thrash au sein de combos aussi variés que
Holy Moses ou
Mekong Delta. Cette fois-ci, on est séduit, le morceau passe tout seul et se définit comme la charnière de l'album, la seconde partie du disque étant plus posée, à l'image d'un Time étrange, aux explosions qui viennent trancher avec le côté soft de cette étrange ballade.
Better Than Raw est un disque varié, qui ne s'axe pas forcément sur la vitesse, un album où les chansons ont été muries. Le groupe retrouve encore de sa superbe et redevient franchement bankable avec la vague "true metal" qui voyait des clones squatter le haut de la scène. L'un des modèles arrivait au pas de charge récupérer un statut qu'il n'aurait pas du laisser échapper.