Pour qui aura suivis, même de manière lointaine; quelques unes des élucubrations textuels de votre modeste serviteur, mes réticences apparentes à gouter toutes les plaisantes subtilités d'un Metal exagérément Progressif, ne seront aucunement une découverte. Et pour ceux qui, bien au contraire, n'auront pas eu la force de lire le contenu de mes dissertations absconses, et Dieu sait que je les comprends aisément, cette attirance modéré, pour une musique à la lisibilité bien trop souvent égaré en une élaboration fâcheuse, est un fait indiscutable.
Fort heureusement, la complexité démonstrative d'un Metal Progressif originel aura bien vite été décliné, et ce, en se mêlant en un amalgame nuancé à d'autres genres. Il ne pouvait en être autrement puisque, selon moi, la démarche Progressive est bien davantage une composante, aux contours parfois diffus, dans un ensemble dévolus à d'autres expressions artistiques, que réellement un genre à part entière.
Bien plus tard de nouveaux prêcheur apparaitront donc sur les ruine de ces églises ternes dans lesquelles ces rites consacrés auront bien trop souvent, jusqu'alors, été ennuyeux. Les nouveaux prédicateurs de cette foi moins déconcertante, parce que simplifié, découlant de cette genèse créative d'antan, auront, de surcroit, davantage que leurs illustres ainés su rendre l'aspect mélodique à nouveau crucial. Tant et si bien qu'au delà des ergs artistiques de certains de ces titres raffinés enfantés par l'onirisme artistiques de
Dream Theater, Shadow Gallery et autres
Savatage, il y aura souvent, dans l'esprit de ces nouveaux rêveurs, de superbes oasis à la musicalité salutaire (Killing Touch,
Angra,
Vanden Plas ou encore, par exemple,
Symphony X).
Cette relève formidablement inspiré aura su, de ces nombreux métissages improbables (Death Prog, Black Prog, Heavy Prog, Power Prog...) extraire une quintessence qui fera indiscutablement évoluer le genre. Ainsi, soucieuses de ne pas se laisser enfermé dans les anciennes lois sclérosantes d'un genre abstrus, mais aussi vigilantes à ne pas perdre de vue les caractéristiques les moins vagues des genres auxquelles elles sont affiliées (Death, Black, Heavy, Power...), ces divers groupes donneront à cette mouvance un nouvel essor.
Au delà de cette digression historique sommairement développée, et, reconnaissons le, pas nécessairement passionnantes, évoquons donc maintenant le cas de Pagan's Mind. Cette formation norvégiennes n'est pas véritablement une découverte en ces contrées Heavy Progressives dans lesquelles il tente, depuis le début du troisième millénaire qui vit sa naissance, d'inscrire son propos. Fort de quelques œuvres intéressante, c'est en cette année 2011 que ces scandinaves nous reviennent avec un nouvel effort baptisé Heavenly Ectasy.
Et d'emblée, il convient de dire que l'un des atout principal de la musique de cette œuvre réside dans le fait qu'outres une technicité évidente lié à ces aspirations progressives très marquées (Par exemple, Into the Aftermath. Ou encore les merveilleux Revelation to the End et The
Master's Voice aux climats délicieusement belliqueux mis en exergue par ces chants agressifs écorchés.), Pagan's Mind aura su aussi y préserver toute les qualités d'une musicalité aisément accessible et communicative (les excellents Eyes of Fire au refrain plaisant, Intermission au break final et aux pianos remarquables, mais aussi un Walk Away in Silence admirable).
Bien évidemment certains considérerons, à l'aune de leur partialité propre, que ce dessein d'équilibre entre ces différents désirs, à la fois mélodiques et progressifs, donnera parfois de curieux résultat, courtisant une musicalité mielleuse, pour ne pas dire naïve ou, pire, fastidieuse (When Angels Unite, Never Walk Alone...).
Ainsi, s'il nous fallait résumer cette œuvre en une tentative désespérément vaine et réductrice, nous pourrions dire que Pagan's Mind, avec ce Heavenly Ecstasy, nous propose d'errer, sur le frêle esquif d'un Heavy Prog souvent inspiré et souvent efficace, en un voyage généralement agréable, de temps à autre tourmenté et, fort heureusement, rarement ennuyeux.