Tout, dans ce Metal of the World, quatrième véritable album de Vhäldemar, semble être un acte de dévotion à la scène saxonne. Tant et si bien que le groupe n'a de cesse d'exprimer cette musicalité, à l'inspiration irrémédiablement germanique qui l'étreint, en une invariable variation sur un thème désespérément habituel. Ainsi son chanteur s'exécute de cette voix éraillée symptomatique dans laquelle on peut entendre quelques similarités avec celles de Chris Boltendahl (
Grave Digger), Lars Ramcke (Stormwarrior) ou encore avec celle de Soenke Lau (
Unrest). Son batteur impriment ces rythmes essentiellement véloces et entrainants et ses guitaristes nous proposent des mélodies et des riffs de titres Heavy Power Metal que n'auraient sans doute renié ni
Running Wild, ni
Wizard. Indubitablement Vhäldemar chérit donc ces contrées teutonnes. Par conséquent, ce nouveau méfait ne devrait être, à priori, rien d'autre que l'expression conformiste d'une adulation consentis dont les sinuosités ennuyeuses nous sont si connues.
Et pourtant, tel n'est pas le cas, puisque ces musiciens dissimulent un secret qui, de prime abord, demeure insoupçonnable. Ils ont beaux affectionner toutes les caractéristiques particulières de cette Allemagne triomphante, ils ne sont en aucun cas né sur ces terres germaniques tant aimées mais bel et bien sur celles du royaume espagnoles.
Cette heureuse naissance leur octroie, ainsi, un avantage certain. Un don précieux. Celui d'une musicalité dont sont rarement capables, et coupables, les saxons. Dès lors même si, bien évidemment, ce Metal of the World s'étend complaisamment dans tous les poncifs consacrés, il n'en demeure pas moins qu'il garde une facette mélodique plus intéressante que nombre des œuvres proposées par ces groupes issus de la patrie de Goethe.
Au chapitre des atouts de ce disque parlons également de cette nuance salutaire essentielle que le groupe aura instauré en variant suffisamment tempos et harmonies afin de ne pas lasser un auditeur habitué. Ce laïus sur la nuance cruciale devrait être un dogme de composition obligatoire, et l'énoncer devrait être d'une consternante sottise, tant il est d'une évidente évidence qu'elle demeure déterminantes. Combien de fois, toutefois, sommes nous, nous auditeurs, emprisonnés dans les murs d'œuvres sans aucune variantes? Suffisamment pour qu'exprimer la nécessité de cette nuance soit, malheureusement, toujours encore d'actualité.
Quoiqu'il en soit des vifs chevauchés entrainantes (Saints of Hell, Wartime mais encore, par exemple, Action) aux galops relativement moins ardents de titres inspirés (par exemple Metal of the World, My
Nightmare, Wild Hearts mais aussi Bastards), Vhäldemar défend un Heavy Power Metal essentiellement allemand agrémenté d'une musicalité attachante. Rien de bien révolutionnaires, évidemment, mais l'efficacité et le plaisir sont de rigueur.
En un ultime hommage à la terre qui vu naitre Wagner, ces ibériques nous propose un excellent Old King's Vision III superbement alerte et judicieusement introduit par un préambule instrumental, Bach's Vision.
Ajoutons, toutefois, s'agissant des quelques défauts subsidiaires, outres, une fois encore,ce conformisme germanique qui pourrait être, pour certains, insupportable, que quelques titres manquent, tout de même, d'un soupçon de personnalité supplémentaires et vont parfois, jusqu'à éveiller, en nous, les souvenirs d'agréables moments déjà entendu et vécus. Ainsi les airs de Light and Darkness ressemble à s'y méprendre à ceux de Church of the Machine de
Symphony X sur l'album Twilight in Olympus (1998). Rien de rédhibitoire. Juste fâcheux.
World of the Metal est donc une œuvre qui sans aucunes prétentions prometteuses de bouleversements profonds, nous proposent de nous complaire dans les plaisirs d'un Heavy Power Metal teutons certes ordinaires mais éminemment appréciables.