Hell est une formation anglaise, née en 1982. Fondé sur les ruines de Race Against The Time et de Paralex, dont la musique, dit-on, aurait indirectement influencé nombres de groupes extrêmes et, ou, occultes (notamment
Metallica), ces britanniques pratiquent alors une musique qui d'emblée s'inscrira dans la mouvance New Wave Of British Heavy Metal. Après plusieurs productions diversement accueillis et faisant fi de l'odieuse indifférence dont la presse fit preuve à son égard, c'est finalement en 1986 que le groupe finira tout de même par signer un contrat important sur le label Mausoleum. Malheureusement ce dernier fait rapidement faillite et l'opus qui devait voir le jour sera alors enterré. L'année 1987 sera la plus terrible pour le groupe puisqu'elle scellera irréparablement son devenir en anéantissant toutes les certitudes de ses membres après le drame affreux qu'ils vécurent ensemble. David Halliday préférera, en effet, quitter ce monde sans se retourner. L'artiste, en mettant fin à ses jours, mettra aussi un terme à Hell.
Plus de 20 longues années après, les derniers musiciens originels du groupe, Kev Bower à la guitare, Tony Speakman à la basse et Tim Bowler à la batterie, décident qu'il est temps de briser cet interminable silence. Pour ce faire ils prennent contact le producteur et guitariste Andy Sneap (
Sabbat, Godsend) dont on sait qu'adolescent il fut un adepte fanatique de Hell et dont on sait également qu'il pris des cours avec le défunt David Halliday. Pour ce faire ils contactent aussi Martin Walkyier (Ex-Skyclad,
Sabbat) qui finalement sera remplacé par l'acteur et chanteur David Bower (plus connus sous le nom de David Beckford)pour être la voix de ce nouvel épisode. Ensemble ils ont dans l'idée de réenregistrer quelques uns de leurs anciens morceaux ainsi que quelques vieilles démos.
En procédant de la sorte, et aussi surprenante que la démarche puisses paraitre, Hell reprends donc musicalement les rennes de cette aventure, tragiquement interrompu en 1987, presque exactement où ils les avaient abandonnés alors. Bien évidemment, le temps aura passé, et de nombreux groupes auront suffisamment révolutionnés cette musique pour que ce genre de procédé ne puisses pas être totalement aboutis sans la prise en compte de ces divers bouleversements profonds. Sortir un album de Heavy Metal fait de chansons composées plusieurs décennies auparavant sans intégrer les nouveaux paramètres enfantés par ces décades révolus, serait effectivement très périlleux. Il va sans dire que si quiconque voudra prêté, éventuellement, à ces musiciens une volonté aussi étourdies, personne ne le pourra à l'égard d'un producteur tels que Andy Sneap. Car lui sait assurément ce qu'il ne faut pas faire.
En digne héritier de cette vison passéiste estampillé NWOBHM, Hell pratique donc un Heavy Metal ambitieux dans lequel il ne sera pas aisé de s'immerger sans un effort consentis. Toutefois le plaisir éprouvé après cet apprivoisement n'en sera que plus intense. Car au cœur noir de cette œuvre ténébreuse, en ces titres revisités par Hell, se retrouvent toutes les délicieuse caractéristiques de ce Heavy d'autrefois orné d'éléments propres à la mouvance contemporaine. Occulte et tragique, puissant et éloquent, ainsi cette musique nous entraine en des dédales sombres, à la lisibilité parfois complexe (On Earth as it Is in Hell, Plague and Fire, The Oppressors, ou encore, par exemple, Macbeth), jamais ennuyeux. Si ces morceaux pourtant séduisants peuvent parfois égarés l'auditeur, de par leur complexité toute relative et leurs longueurs, d'autres apparaitrons comme nettement plus immédiatement accessible (
Blasphemy and the
Master, Let Battle Commence, The Devils Deadly Weapon mais aussi, par exemple, The Quest).
Fort des talents de musiciens aguerris, Hell nous propose donc de faire le lien entre un passé révolus et un présent très actuel, et ce dans l'expression d'une musique à la fois théâtral, à la fois énergique, à la fois inspiré et à la fois séduisante. Pour ce faire, il aura donc su composer un parfait mélange entre sa musique passéiste et celles aux aspirations plus contemporaines, à l'écoute de laquelle des noms aussi variés que ceux de
King Diamond,
Judas Priest,
Mercyful Fate et bien évidemment Hell viennent subrepticement se rappeler à nos bons souvenirs.