Crowbar revient sur le devant de la scène sludge avec « Sever the Wicked Hand », six ans après « Lifesblood for the Downtrodden ». Les actualités de Kirk Windstein avec ses projets parallèles, Down et Kingdom of Sorrow, n’avaient permis un nouveau méfait de la part du premier bébé du colosse. Tout comme pour son side project avec Jamey Jasta, l’ami Steve Gibb (présent de plus près de six ans) a quitté le navire et a laissé sa place à Matthew Brunson.
Ce neuvième album a été présenté avec un clip, celui du morceau « Cemetary Angels », qui montrait un
Crowbar plus fidèle que jamais à sa formule. Mais le talent de la formation réside en une sorte d’évolution constante au niveau sonore qui lui permet de rester sur le devant de la scène. Fini les productions grasses et langoureuses, à l’instar de «
Crowbar » ou « Time Heals Nothing », pourtant si caractéristiques du groupe, et bienvenue à une production nette, beaucoup plus travaillée et typiquement américaine, mixée par Zeuss, à qui on doit le travail sur « Supremacy » d’
Hatebreed, et où Kirk Windstein s’improvise producteur. On se rapproche bien évidemment de cette envie de rajeunir le son, comme on avait pu le remarquer sur les sorties post-« Broken Glass » et « Odd Fellows Rest ». Tout semble avoir changé avec ce nouveau
Crowbar.
Néanmoins, comme vous l’aurez remarqué, la pochette est détestable au possible. L’image musculaire où l’on voyait des titans sur les premiers opus est de retour. Malheureusement, le sujet a été quelque peu exploité de manière légèrement différente, puisqu’elle a été modernisée. A l’image de l’évolution du logo «
CROWBAR », le combo s’est légèrement trompé pour ce choix. Passons outre, beaucoup de bons albums disposent de pochettes moyennement esthétiques.
Nous sommes bien sûr ici pour parler de musique. Tous les ingrédients qui ont fait ce qu’est
Crowbar sont présents sur ce nouvel opus : riffs incisifs punk hardcore façons
Melvins, passages lents, langoureux et douloureux popularisés par le doom, la voix caractéristique d’un Kirk Windstein sobre depuis peu en sorte d’hommage à Lemmy, sans oublier ce groove made in NOLA affuté par Tommy Buckley. Sever The Wicked Hand contient également beaucoup de passages mélodieux, le tout orchestré par Kirk himself. « A Farewell to Misery » va dans cette voie, les notes de piano s’accordent avec brio aux guitares « pleurantes » de la paire Windstein/Brunson, ce qui offre une jolie escapade instrumentale de la part de la formation de la Nouvelle-Orléans. Le style « heavy » plante l’auditeur dans un tourbillon mélancolique, « Echo an Eternity » ramène son lot de lourdeur, tout comme l’imagé « Symbiosis » qui conclût cet opus aux trais très travaillés et soignés.
Crowbar a fait un lifting, sa musique se développe à chaque sortie et offre une seconde (troisième jeunesse ?) à ce groupe qui fêtera cette année les vingt ans de la venue au monde de son premier album, « Obedience Thru Suffering ». Quoi de plus beau que d’ouvrir une nouvelle porte ? En attendant, quand on s’attarde sur le travail proposé, on s’aperçoit que la formule n’a pourtant pas changé. Les riffs sont toutefois plus accrocheurs, beaucoup plus poussés et c’est là qu’on voit vraiment la forme du produit.
Une belle sortie en somme.