Qu'il est rassurant parfois de pouvoir bâtir ses convictions sur certaines valeurs immuables. Ainsi en découvrant les origines germaniques de ce groupe mais aussi en jetant un regard examinateurs sur l'artwork de leur manifeste, comment ne pas sombrer dans cette facilité réconfortante qui pousse l'auditeur, même le plus aguerris, à se vautrer dans ces aprioris? Partant de ces constats simples, que pourrait-on donc déceler d'autres dans la musique de Metalforce si ce n'est de ce Heavy Speed Metal traditionnelle épique aux refrains chorale guerrier, ou True Metal, duquel exhale les stigmates évidents d'influences telles que
Wizard,
Hammerfall,
Virgin Steele, Powergod ou encore, par exemple,
Manowar? Et que pourrait-on donc y découvrir sinon l'aspect le plus convenu d'un exercice si peu inspiré? Quelques heureuses surprises, me répondrons les esprits les plus vifs. Si elles ne sont pas toujours à exclure, et arrive parfois au détour d'un titre, d'un riff, d'une mélodie, d'une intonation ou d'un rythme, nous donnant quelques raisons valables de s'enthousiasmer, ces éblouissements, en réalité, sont plutôt rares. Rares et, à vrai dire, peu prisé en une époque ou ce genre de résurgence Heavy, popularisé par les suédois d'
Hammerfall, s'est déjà considérablement essoufflé.
Quoiqu'il en soit et Sans trahir trop précocement le secret de ce nouveau groupe teutons quant à ses aptitudes à nous surprendre et à nous séduire, souvenons nous que ce Metalforce s'appelait autrefois Majesty et que ce dernier fut, assurément, peu enclin à nous proposer quelques heureuses diversités susceptibles d'inscrire son propos dans autre chose qu'une vénération incontestable des groupes déjà cités plus haut. Alors même si l'effectif aura sensiblement, pour ne pas dire complètement, changé; nul doute que l'immuable présence de son initiateur, inspirateur, compositeur, chanteur, clavier et membres le plus actif, Tarek Maghary, témoigne de l'inexorabilité artistique, liens familiers qui le lie à Majesty, dont, à coup sûr, ce premier plaidoyer regorgera.
Si ces préjugés pourraient apparaitre comme éhontés, il ne le seront plus dès lors que résonnera les envolés héroïques initiales d'un premier titre véloces, Faster Louder Metalforce au refrains ou l'harmonie musicale apparait comme confuse puisque, outres les exploits de Tarek, aucun instrument ne parvient véritablement à s'extraire de cette amalgame nébuleux.
Exception faites de ce morceau qui, quant à lui, demeure totalement insuffisant à séduire un auditoire rompu à l'exercice, le reste de l'œuvre s'inscrit dans un conformisme certes peu attachant mais qui pourra, tout de même, convenir à tous ceux que l'art de la similarité n'effraie pas trop. S'imprégnant donc de ses nombreuses influences Metalforce nous en propose une vision dont l'expression musicale ne s'éloigne que bien trop rarement, et de manière bien trop succinctes, de ses modèles. Ces instants, aptes à nous offrir quelques infimes plaisirs, sont donc fugaces (Metal Crusaders, la ballade When The Valkries Fly ou encore, par exemple, Thunderchild).
Tout ici, ou presque, n'est donc que terres connues. Des chants de Tarek, nous rappelant parfois subrepticement ceux d'Eric Adams (Freedom Warriors), aux soli de guitares convenus, de titres familiers en mélodies coutumières, de conformisme en traditionalisme, rien, ou si peu, ne vient éclairer un premier album désespérément terne.