Avec cinq albums à leur actif, autant dire que les danois de
Panzerchrist connaissent un minimum le sujet vaste du Death Metal. Et ce qu'ils savent en premier lieu c'est que le milieu est avare en grande nouveauté, et que l'efficacité reste de mise. Aussi, avec Regiment Ragnarok, leur sixième galette, ils ressortent le char pour pratiquer le tout terrain et le tout humain de préférence.
Le Death Metal de
Panzerchrist est en effet un blindé armé pour tuer sans faire de blessés. La thématique guerrière, ultra usitée dans le courant polonais emmené par
Vader notamment, est ici au centre de l'attention des danois, qui plongent au coeur de la guerre pour délivrer une musique sans concession, prompte à déraciner arbres et têtes à coup de canon. Nulle surprise donc à voir s'enchainer des titres impeccablement maîtrisés, souvent bourrés d'efficacité comme ce "Panzer Regiment Jylland" brutal et martial. Le style de
Panzerchrist n'est pas empli de douces accalmies, qui bien que parfois présentes (sur "Impact" notamment, sans grande efficacité) ne sont là que pour replonger dans l'enfer de la bataille. Empruntant tantôt à
Morbid Angel (la sauvage entrée "Prevail") qu'au Black Metal sur des plans bien malsains ("For The Iron Cross"),
Panzerchrist évolue dans un registre classique mais qui fait son effet.
A ce titre, Regiment Ragnarok est solide, et bien plus Black que ses prédecesseurs (la différence avec Soul Collector par exemple est notable). Cela le rend diablement intéressant sur des morceaux comme "We March As One" où les harmonies des guitares donnent à la musique plus de consistance. Ce sixième album n'innove bien sûr pas énormément, il ne faut pas pousser.
Panzerchrist pratique un Death Old School qui a dix ans d'âge et qui, bien qu'exécuté à la perfection, passe par le groove de Death, la brutalité du Brutal Death et l'aspect machine du batteur type Vader/Decapitated. Cela n'empêche pas de passer le plus clair de son temps à ramasser ses dents tant les danois envoient la purée de piment (bien que des titres comme "Ode To A Cluster Bomb" ou "Metal Tribes" soient de mauvais goûts) et remplissent leur rôle, sans toutefois faire relever la tête des autruches que vous pourriez être.
Regiment Ragnarok est très crédible. Old school à souhait, brutal, typé vague des années 90 avec des relents Black Metal souvent bien agencés (le risque est proportionnellement minime en même temps...), ce sixième essai remplit sa part du contrat et propose douze morceaux sympathiques mais très vite usants qui vous feront certainement bouger une fois de temps en temps. Certainement pas indispensable, tant les écoutes répétitives deviennent lassantes - la faute à une certaine répétitivité des riffs et donc de l'ambiance - et que l'album ne cache guère son jeu. Les fans seront servis, le fan de Death restera vite sur sa faim et ira chercher crémerie ailleurs. Tout dépend de votre niveau d'exigence.