Inepsys ne cache pas ses influences. Tant mieux. Il aurait été vain de renier l'impact qu'a eu
Dream Theater sur les Toulousains tant cela s'entend. Mais quel Dream Theater, vu que les papes du metal prog s'amusent à brouiller les cartes à chaque opus ? On dira quelque part entre
Awake et
Train Of Thought pour quelques sonorités thrash qui peuvent aussi rappeler le mètre étalon du genre, j'ai nommé
Metallica.
Mais plutôt que de faire passer Inepsys pour un simple clone, il convient de ce pencher sur cette démo ma fois intéressante. Forte de cinq titres pour plus de trois quart d'heure de musique, le groupe joue à fond la carte du prog en proposant des titres aux mélodies alambiquées, parfois tortueuses. Contrairement au modèle Dream Theater, les frenchies axent leur discours sur la mélodie plutôt que de miser un peu plus sur la technicité, du coup l'ensemble gagne un supplément d'âme. Pourtant, Mecanity n'est pas francheemnt enthousiasmant. Le mix ne rend pas hommage au combo, le chant de
Jeff est mixé en retrait alors que le bougre se débrouille franchement bien et les cymbales de
Romain claquent, un peu trop justement, à l'instar de la caisse claire de
Lars Ulrich sur
St Anger. Mix incompréhensible que l'on ne retrouvera pas par la suite.
La suite, justement, c'est un groupe qui est bien en place, avec une guitare inspirée (Four Walls), un chanteur qui arrive à ne pas être mièvre sur l'exercice délicat qu'est la power ballad (My Only Reason), une basse qui se fait entendre (Corridors Of Time), une batterie solide (Four Walls encore), un clavier qui sait s'imposer au bon moment et qui n'hésite pas à s'illustrer sur de courtes incursions limites electro (Mecanity et Four Walls toujours). Malheureusement, le groupe est parfois un peu bavard et la longue partie instrumentale de Schizophrenia n'est pas aussi prenante que celle de Four Walls et peut lasser à la longue. Mais plutôt que de pointer les défauts, il convient de noter que le groupe, à défaut d'avoir déjà une personnalité bien à lui, maîtrise déjà son sujet et sait amener des morceaux complexes aux changements de rythmes parfaitement maitrisés aux détours de breaks bien exécutés. Inepsys joue un metal prog qui a du chien et qui ne demande qu'à s'affirmer et à trouver une identité propre, car ily a la capacité d'aller plus loin et de trouver son propre son.
Zone 5 reste une démo agréable, bien jouée, une carte de visite intéressante pour les Toulousains. On attend avec impatience la suite car on devine qu'Inepsys a la capacité de nous surprendre.