Après
Enter,
Within Temptation se lance dans une tournée importante, cumulant les dates, jusqu'à se retrouver sur le scène d'Eidhoven, au
Dynamo, en très bonne place. Le nouvel album prenait du retard et pour faire patienter les fans, le groupe sort cet EP à la pochette simple, à mille lieu des clichés du premier LP (une
Sharon Den Adel ophélique).
The Dance ne propose pas une nette évolution, mais plutôt une continuité de ce que Within proposait déjà sur Enter, à savoir un doom délicat teinté de touches plus symphoniques. Les trois morceaux inédits, déjà connus du public grâce aux concerts où ils étaient régulièrement joués, sont de bonne qualité. Le titre éponyme est construit à la manière de Enter, tandis que Another Day est plus gothique dans l'approche, le chant de Sharon très bien amené, comme presque toujours à cette époque. Mais le plus intéressant demeure le dernier inédit, The Other Half (Of Me), qui voit une dualité de voix, l'une belle à pleurer, l'autre gutturale qui à présent s'insère parfaitement, sur un fond plus heavy, plus rapide qu'à l'accoutumée. On peut voir en ce morceau un indice quant à l'orientation future de
Mother Earth, maintenant que nous avons le recul nécessaire pour en juger. Une bonne surprise donc.
Mais là où la pression retombe complètement, c'est quand on se heurte sur les deux derniers morceaux. Le premier est un remix décevant de Restless qui ampute le morceau de deux bonnes minutes et qui se voit doté de parties de batterie qui sonnent dangereusement synthétique. Heureusement, il y a la voix de Sharon, mais ça fait juste quand même. Soyons logique : si on vous propose une Ferrari, vous feriez une drôle de tête en recevant un Traba. Ici, l'effet est le même.
Quant à l'assemblage de remixes de Candles et Pearls Of Light, on peut s'en passer, les effets supplémentaires (pas franchement discernables pour les auditeurs lambdas) n'étant pas exceptionnels, voire inintéressants. Et c'est là que cet EP perd tout son charme, après des morceaux qui donnaient envie de s'y plonger corps et âme. Pourquoi proposer des remixes qui en définitive n'apportent rien et pire ! brisent tout l'intérêt, alors qu'une reprise et un ou deux morceaux live (par exemple captés au Dynamo Open Air...) auraient été carrément jouissifs et essentiels pour un tel objet. Dommage !