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Chronique de Fiction

Dark Tranquillity  - Fiction (Album)

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Honnis par une cabale non négligeable d’adeptes traditionnalistes d’un Death à la pureté immaculée (et à la violence maculée), son abject cousin mélodique (dans son acception moderne contemporaine) discrédite, et semble-t-il discréditera à jamais, cette famille qu’elle trahit en séduisant, aussi et essentiellement, nombres de gens non désireux de s’appesantir, afin de les honorer, sur les ancêtres les plus illustres, les traditions les plus antiques, l’histoire la plus fondatrice, et que sais-je encore, d’un genre qu’ils découvrent. L’avènement de ce sacrilège prends tout son sens lorsque, offrant une simplicité et une accessibilité qui, contrairement à celle de son cousin, ne nécessite pas de capacités d'adaptations, ni même d’éducations, trop extrêmes, elle courtise, aisément, une foule de nouveaux convertis, souvent jeunes. Afin d’en convaincre encore davantage, elle sacrifie, sur l’autel de ces règles tacites essentiels, et suivant une tendance contemporaine, toutes aspérités de production qui, lorsqu’elles demeurent un parti-pris réussi consciemment défendus, peut installer des atmosphères particulières, sublimant ainsi une musique, et une œuvre.

Une complexité simplifié pour une composition aux constructions plus abordables, un son moins âpres et plus moderne, et donc plus abordable, sont autant d’impuretés intolérables pour d’ineptes conservateurs. Ces défauts condamnent, à leurs yeux, irrémédiablement la plupart de ces musiciens à, au mieux, une indifférence dédaigneuse, au pire, à une sentence irrévocable où les insultes ne sont que logorrhées verbales injurieuses incessantes. Pourtant malgré ces imperfections, pas toujours et pas totalement infondées, offrant, parfois, les groupes les pires qui soient, le Death mélodique trouve cependant des exceptions éminemment estimables. Au sein de ce cercle respectable, Dark Tranquillity apparait comme un des consensus les plus unanimement salué. Incontestablement innovateur du genre, avec quelques autres (At The Gates, In Flames) le groupe aura su, avec talent, imposés une musique véritablement caractéristique

Dans ce paysage spécifique d’une carrière dévolu à un Death mélodique essentiellement virulent et typique, Fiction, fait pourtant, un peu, figure de retour en arrière. En effet au son d’une musique dont d'emblée le souci d’agressivité semble moins primordiale que sur un Character, par exemple, Dark Tranquillity propose d’enrichir ses titres à l’aide d‘ambiances distillées par des claviers d’où exhalent un parfum délicieusement "gothique".

Dans une démarche et une expression qui n’est pas sans nous évoquer Crematory et son Believe, mais aussi digne héritière de son propre travail (principalement l’album Haven), des titres tels que Nothing to One, The Lesser Faith, Icipher, Empty Me et un Misery’s Crown signant le retour de voix clairs cultivent, dans l’ébauche d’un propos à la fois véhément et mélodique, une certaine ressemblance avec certains des travaux des allemands. Les claviers et pianos prépondérant de ses titres, les subliment en leur conférant une gravité et une tristesse très propre à la musique gothique. Un Mundane and the Magic en duo avec Nell Sigland (The Crest, Theatre Of Tragedy) confirme encore davantage cette impression accrue de mélancolie. Si ce Fiction possède une filiation indéniable avec une certaine partie de l’œuvre germanique des comparses de Felix Stass, ainsi qu’une parenté plus qu’évidente avec la musique gothique ; ces stigmates sont bien plus de légères influences consenties, que véritablement l’ignoble aveu d’impuissance d’un plagiat éhonté. Car en effet, à contrario de Crematory, et de ceux qui se laissent séduire par les douces harmonies de monotonie pop/goth/rock, Dark Tranquillity ne renie pas ses racines et cet album, bien que mélodique, bien que gothique, n’en reste pas moins Death. L’ardeur de rythmes aux blasts exaltant de titres comme Blind at Heart ou Empty Me en témoigne, par exemple, aisément. De plus Dark Tranquillity poursuit sur les chemins qu’il a lui-même ébauché avec Haven, et ne peut donc pas être accusé, ici, d’un quelconque manque sincérité dans l’évocation de cette personnalité qui est, aussi, la sienne.
Dans une dernière impulsion volontaire afin de définitivement démarquer son œuvre, les suédois ajoutent à l’ensemble, la modernité de certaines sonorités synthétiques, ainsi que celle de certains phrasés de riffs syncopés très contemporains comme par exemple sur Terminus (Where Death Is Most Alive).

Un album qui ne satisfera donc ni les adeptes de la toute première heure, ni les gardiens de la pureté originelle du temple Death Metal, tant sa richesse et les horizons auxquels il aspire paraissent disparates et paradoxaux; pourtant ce Death mélodique gothique et moderne mériterait, bien plus qu’une attitude respectueuse de rigueur, une véritable écoute attentive.



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Commentaires


Très bonne chro' mon cher darko', mais si je puis me permettre, elle gagnerait à être un poil plus aérée non?
Sinon, totalement d'accord avec toi!

ven. 22 janv. 10- 20:22  
Evidement que tu peux te permettre de donner ton avis sur mes textes.
Tu as raison, je vais aérer et retravailler, dès que j'aurais un peu de temps.

Merci, à toi.

ven. 22 janv. 10- 21:03  


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