Le premier album, c'est toujours un peu le même problème: les compos sont rodées depuis longtemps, mais on n'a pas encore les moyens d'avoir Bob Rock derrière la console. Ce premier disque de Shadyon ne fait pas exception à la règle.
Shadyon, c'est du heavy mélodique...mais aussi un peu plus que ça. En effet, les membres fondateurs du groupe sont tous deux particulièrement bons dans leur catégorie: Mael Saout est un véritable shredder à la guitare, mais il n'en met pas partout, c'est lui qui se met au service des chansons et non l'inverse. Quant à Emmanuel Creis, je vais me lancer en disant qu'il fait actuellement partie des meileurs chanteurs français dans son style. Il sait nuancer sa voix, peut monter assez haut, mais jamais trop au point d'en devenir agaçant comme certains.
L'album débute de façon assez classique sur une belle intro au piano, sur lequel viennent se greffer des harmonies vocales. C'est un peu un appel au voyage. Mais ensuite, on arrive dans le monde du heavy, toujours mélodique, mais pouvant se montrer aussi fonceur comme sur "Funeral". Les chansons sont quand même bien aérées, en grande partie grâce à des petites interventions de guitare acoustique, toujours bien placées et ne tranchant pas avec le reste des instruments. Le groupe propose de belles intros plutôt calmes ("Pilgrimage for wisdom", "Invaders", "Rising", "Pain") avant de se lancer dans des chansons heavy aux influences diverses: l'ambiancé "Invaders", les quelques relents FM de "Dreaming", le petit coté
Dream Theater de "Learning to fear", le heavy relaxant de "Starlight" (bon travail de composition). Mais le tout reste très cohérent. "Pilgrimage for wisdom" est l'un des grands moments du disque; c'est un morceau bien construit avec son intro à la guitare acoustique, suivie d'un riff heavy et d'un petit solo ultra efficace. La mélodie vocale et des arpèges de guitare apportent une fraicheur à ce morceau. Dans l'ensemble du disque, la batterie donne le rythme comme il faut, avec occasionnellement des interventions à la double grosse caisse. Les parties de guitare lead sont impressionnantes, et le chant nous transporte.
Le disque se termine sur le morceau bonus "Mirror", petite perle acoustique (avec intervention d'un violon), véritable bouffée d'air frais.
Alors tout va bien, cet album est nickel? Hé bien non; comme je le disais au début, le problème vient de la production. Le son parait hyper compressé, la batterie ne sonne pas, à l'exception d'une caisse claire qui en devient parfois agaçante, certains solos de guitare, superbement interprétés, sont noyés dans le mix. Le chanteur Emmanuel Creis ne s'en sort lui pas trop mal.
Espérons que pour son prochain album, le groupe aura résolu ce problème, car toutes les qualités sont là pour que ce groupe devienne grand.