A l'origine,
Ram-Zet était un trio composé de
Zet à la guitare et au chant, de
Solem à la basse et de
Küth à la batterie, mais le groupe savait déjà s'entourer d'invités qui venaient enrichir le contenant. Les Norvégiens, dont la particularité première fut d'avoir été signés sur un label finlandais (chez
Spikefarm, sous-branche de
Spinefarm, ce qui demeure un fait extrêmement rare en Scandinavie) délivre un premier album très étonnant.
Ram-Zet est un groupe qui explore son sujet de fond en comble, aussi bien au niveau de la thématique que de la musique. En effet, le concept tourne autour d'un malade atteint de schizophrénie et la musique empreinte diverses directions, parfois au sein d'un seul et même morceau, en fonction des délires cérébraux du personnage. Pour certain, ce serait une forme extrême de metal progressif, avec ce chant qui se teinte de sonorités black, en fait des hurlements assez aigus qui succèdent à des parties plus graves et posées. Sur ce premier opus, on trouve même des relents thrash (comme sur l'excellent King), par intermittence, ouverture à la violence qui souvent est très bien canalisée. On notera également ce violon entêtant qui s'affirme déjà comme récurent, accentuant une dramatique très travaillée. Pas de passage folk, les conditions ne s'y prêtent pas. Mais peut-il représenter le dernier fil de raison qui entoure cette oeuvre ? Pas certain. L'ensemble est compliqué, les schémas habituels de chanson sont mis de côté et on entre dans un maelström d'idées et de riffs, de breaks foudroyants et d'explosions de rage. Avant gardiste, barré et très bien construit, Pure Therapy ne laisse pas indifférent.
Dès ce premier opus, Ram-Zet dévoile une originalité qui ne demande qu'à s'affirmer. On sent que le groupe peut aller plus loin, qu'il peut être encore plus barré. Que ce n'est qu'un avant goût d'une visite dans un asile qui ne nous laissera pas indemne. On sent que Zet est frustré de n'avoir eu que des moyens limités pour réaliser cet album, qu'il aurait aimé en faire plus, laisser libre court à son délire. Mais on est pas déçu, malgré une seconde moitié d'album plus posée, peut-être plus linéaire. On s'est déjà pris une belle gifle et déjà on tend l'autre joue car c'est comme du Stephen King, c'est addictif, on veut connaître la suite. Malheureusement pour le groupe, Spikefarm fera un très mauvais travail de distribution et ce disque n'est quasiment disponible qu'en import.