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Chroniques :: Chronique de Mirrors

Chronique de Mirrors

Blue Öyster Cult  - Mirrors (Album)

Aussi vide que l'horizon, ou presque...



Pour les dinosaures du genre, la fin des années 70 s'avère difficile à négocier. Deep Purple avait splitté depuis quelques années déjà, Alice Cooper s'enfonçait lentement dans la folie mais livrait des prestations vinyliques qui en manquaient cruellement, Kiss et Queen s'adonnaient au disco, tournant volontairement le dos à une partie de leur fan base, Led Zeppelin allait bientôt s'enflammer et s'écraser, à l'image du dirigeable de leur premier opus, Uriah Heep ne savait plus quoi faire pour faire oublier son premier chanteur, mythique, Nazareth s'essayait à de nouvelles sonorités et Black Sabbath sombrait en même temps que Ozzy Osbourne, avec lui, irrémédiablement.

Aussi, il n'est pas étonnant de découvrir Blue Öyster Cult, un des vétérans de la scène US, dans une situation assez délicate. Le virage stylistique, commercial avanceront certains, opéré sur Agents Of Fortune a été confirmé avec moins de folie sur l'album suivant, Spectres. Le public s'était déjà montré moins enclin à succomber au charme de certaines compositions, comme le mythique et sautillant Godzilla. Difficile aussi de faire oublier une oeuvre aussi intimiste et surréaliste que (Don't Fear) The Reaper, obsédante et magnifique.

Après un live, toujours trop court mais bien sympathique (Some Enchanted Evening), Mirrors débarque dans les bacs des disquaires courant 1979 (année bénie, mais on s'en fout, c'est accessoire). Avec cette pochette décevante. Qui rentre dans une espèce de moule, qui sort surtout d'une logique ésotérique dispensée avec maestria sur les précédentes réalisations de la formation US. Un autre détail qui n'est pas fait pour rassurer les fans, la fine équipe de producteurs des albums précédents n'est plus de mise. C'est Tom Werman (Molly Hatchet, Cheap Trick) qui a la lourde charge d'accoucher du bébé en studio. Est-il l'homme de la situation ? Pas si sûr...

L'album, musicalement, ressemble à des innombrables disque de rock californien, un peu dur dans les entournures, mais manquant cruellement de profondeur. Surtout quand c'est du Blue Öyster Cult. Les guitares sont présentes, certes, fluides, parfois impériales (ce solo sur The Vigil !), mais elles ont tendance à prendre beaucoup de place, au détriment du clavier de Allen Lanier, qui se fait étrangement discret tout au long du disque, même si son style particulier d'écriture, ses intonations particulières sont belles et bien présentes (Lonely Teardrops, qui n'aurait pas dépareillé sur Agents Of Fortune). On notera également la première participation de l'écrivain Michael Moorcock, sur The Great Sun Jester, qui annoncera d'autres actions qui s'avèreront être des coups d'éclats.

Ici, malheureusement, l'auditeur qui a suivi le BÖC depuis les premiers efforts studio ne reconnaîtra pas la groupe. Pas instantanément. Bien sûr, la voix de Eric Bloom[ est toujours aussi savoureuse, le style de Donald Roeser ne manque pas de panache à la guitare, la section rythmique des frères Bouchard est toujours solidement en place. Mais il manque une des données les plus importantes : la force mystique. Jamais on n'aura la sensation de planer. Jamais on ne rentrera dans un trip science-fictionnesque qui nous retournera comme un simple gant de toilette. Pire, les choeurs féminins viendront plomber toute une partie du disque par leur côté "facile", dans "l'air du temps" (pour l'époque), mais qui ne correspondent pas au groupe, qui semble s'être salement prostitué pour ne pas être distancé par la concurrence. Les parties vocales, sombres et directes de Patti Smith manquent cruellement. Et on arrive au bout du disque, fort désappointé par cet assemblage salement fadasse. Venant d'un groupe aussi raffiné et imprévisible, ça fait mal.

Mirrors est le premier faux pas de Blue Öyster Cult. Il y en aura d'autres, bien sûr. Hélas. Il y aura encore de glorieuses réussites également. Et cette baisse qualitative se révèlera salutaire pour une formation qui s'était perdue en chemin. Le pied va toucher le fond de la piscine, il sera possible de sortir de l'eau, de jaillir de l'onde. Pour les fans. Les autres peuvent tranquillement s'attarder à ce qui a été fait au début des années 80 pour assister à une résurrection musicale. Ni plus, ni moins.

 5 
10

Evitons de trop regarder dans le rétro



N'y allons pas par 4 chemins, "Mirrors" fait partie, avec au hasard "Club ninja" et "The revolution by night", des albums les moins appréciés du Blue Öyster Cult. Et pour vous expliquer le pourquoi du comment, une chronique assez courte va suffire.

L'album débute de façon honnête sur "Dr Music": c'est un morceau entrainant et réussi, dans un registre assez classique pour le Cult, avec toutefois un piano et un harmonica qui donnent un petit côté swing.
Mais alors pour le reste du disque, on évolue dans un registre pop qui sonne aujourd'hui très daté. Les morceaux manquent de reliefs. "Mirrors" est encombré de choeurs féminins qui ne font pas avancer le schimilibilick, le refain style bal populaire de "Moon crazy" ne fait même pas rire, "you're not the one (I was looking for)" (quel titre original!) ne donne même pas envie de claquer des doigts. "Lonely teardrops" est bien écrite, mais ce n'est pas vraiment du Blue Öyster Cult. Pour les amateurs, "The great sun Jester" a un petit coté Who.

De ce grand album de la pop américaine des années 70 (dommage que ce soit le BÖC qui l'ai sorti), on retiendra, outre "Dr Music" dont on a déjà parlé, "In thee", belle ballade 70s bien écrite, et "I'm the storm", morceau où l'on retrouve enfin le Blue Öyster Cult qu'on connaissait. Ça fait un peu maigre? Je vous l'accorde.

Si vous voulez faire un bond dans le temps et revenir aux années 70, cet album est idéal (et moins dangereux qu'une Delorean, demandez à Ace Frehley). Ce disque pourrait être une bonne BO pour une série américaine des 70s (genre Chips), pantalons pattes d'eph inclus. Le pire, c'est qu'on est déjà en 1979 et que le Cult a donc un wagon de retard.

S'il veut aborder les années 80 dans de bonnes conditions, le BÖC se doit de se remettre en question. Le salut viendra heureusement de l'album suivant, "Cultosaurus Erectus", en même temps que le producteur Martin Birch.

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par Ronnie, le 8 septembre 2008
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Mirrors - Infos

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Sortie : juin 1979
Genre : Hard Rock
Playlist :
1. Dr Musicà écouter en premier
2. The great sun Jester
3. In theeà écouter en premier
4. Mirrors
5. Moon crazy
6. The vigil
7. I'm the stormà écouter en premier
8. You're not the one (I was looking for)
9. Lonely teardrops
écouter : Ecouter l'album



Blue Öyster Cult

Blue Öyster Cult
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Création : 1967
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis




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