Ce n'est pas un hasard si
Jeff Waters a passé une audition pour
Megadeth en 1989. Son jeu de guitare est tout bonnement impressionnant et ce n'est pas un hasard non plus s'il n'a pas été retenu pour rejoindre le groupe de Megadave : les deux caractères sont similaires et
Dave Mustaine n'aurait jamais accepté quelqu'un ayant une vision des choses autonome. Tant mieux, cela nous permet de nous régaler avec cet Alice In Hell.
Ah ! Alice In Hell, un disque qui fait fonctionner la fibre nostalgique de tout métalleux. Ce disque, ça évoque le collège pour les plus jeunes, le lycée pour ceux qui sont un peu plus âgés, un album que l'on écoutait en boucle et qui était une véritable invitation au headbanging frénétique. Un disque qui apparaissait comme miraculeux pour les déçus des albums de
Metallica et
Megadeth de 1988 et un hors-d'oeuvre idéal avant la venue du meilleur album de thrash jamais réalisé,
Seasons In The Abyss de
Slayer.
Dès les premières notes du court instrumental Crystal Ann, l'oreille est attirée et on reste scotché à attendre la suite. Cette suite, c'est Alison Hell, un titre qui commence calmement, une petite intro qui s'enflamme rapidement, à l'image du Megadeth de
Peace Sells... But Who's Buying. Musicalement, c'est presque parfait, exécuté au millimètre par un groupe qui sait faire parler les guitares (en fait, comme Jeff Waters sait les faire parler, les autres membres pouvant être considérés comme des invités). Le chanteur
Randy Rampage a une voix rocailleuse, presque désagréable, mais ses vocaux, crachés, font finalement leur office et apportent une touche un peu plus extrême à Annihilator. C'est rapide, c'est solide, c'est mordant et le reste des titres est à l'avenant. Waters ne fait aucune concession et bastonne à tout va : riffs saccadés, batterie syncopée, chant hargneux mais bien maîtrisé. Les soli sont relativement longs et variés, tout l'album résonne comme un hommage au thrash des débuts et ça le fait. Malgré des années de retard sur la Bay Area, Annihilator est de taille à rivaliser avec les plus grands sur cet opus.
Relativement sombre mais non dénué d'humour (Word Salad et le titre Schizos Are Not Alone...), Alice In Hell est un condensé de violence. Moins de quarante minutes au compteur et l'affaire est emballée. Alors seulement on se lève pour rappuyer sur la touche play et enclencher la fonction repeat pour en profiter une nouvelle fois. Même vingt ans plus tard, on reste toujours béat face à cet album qui rappelle toujours des souvenirs pour ceux qui, comme moi, ont eu la chance de le connaître à l'époque de sa sortie. C'est pas beau. C'est bon.