Auteurs de deux opus très réussis mais passés totalement inaperçus dans nos contrées, les belges de Thurisaz reviennent sur le devant de la scène cette année avec une nouvelle offrande, The Cimmerian Years, sortie via le label Sleazy Riders Records. Pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de poser une oreille sur sa musique, la formation officie dans un Black-Dark Metal léché, aux subtiles mélodies et aux ambiances travaillées.
Si Circadian Rythm laissait présager une identité plus marquée que sur son prédécesseur Scent of a Dream (qui lui était très proche des travaux de
Graveworm), The Cimmerian Years a quant à lui la lourde tâche de confirmer tout le bien que l'on pense des belges...
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce nouvel album est une réussite à tous les niveaux. Le visuel d'abord: Thurisaz nous offre là un artwork des plus sympathiques, mettant l'auditeur dans une ambiance mystérieuse, lourde d'atmosphère. Le contenant a de quoi faire mouche, mais attardons-nous à présent au contenu.
Après un premier morceau atmosphérique synonyme d'introduction, "My Precious Unknown" arrive et déclenche un véritable raz-de-marée sonore. A la fois puissant et mélodique, ce titre au tempérament accrocheur prouve que le combo belge a su faire évoluer sa recette sans perdre sa qualité première, je parle bien sûr de ses ambiances. Il ne sera pas rare de se retrouver face à des sonorités arabisantes, dont le rendu permet une profondeur inédite pour le style.
Ce début tonitruant se voit ensuite confirmé par un "Second Mirror" inquiétant, qui précède le groovy "No Regrets" (avec la participation de Paul Kuhr de November Doom). La musique de Thurisaz devient alors plus progressive, mais garde cependant une aura très païenne qui rappellera à certains les bons moments d'Ikuinen Kaamos. Le Black Mélodique des belges prend une ampleur plus importante, d'autant que la suite de l'opus s'avère aussi intéressante que son commencement.
Ainsi, Thurisaz fait un petit crochet par la case Bizarro-Metal (avec le surprenant "Fare Thee Well"), rend également hommage à
Amorphis avec le hit "The Carnival of Miscreation", avant d'achever son auditoire avec deux pièces magistrales, "A Glance of Misperception" et "Unhealed". Ces deux titres sortent du lot grâce aux apparitions remarquées de Thomas A.G. Jensen de Saturnus pour le premier et d'
Elis Blieck d'Inis Cathaigh pour le second.
Après les neuf titres de cet album, l'heure de la conclusion approche. Dernier point à ne pas négliger: le son. The Cimmerian Years a opté pour un son puissant, propre et pourtant très organique. En somme, nous avons-là une production des plus actuelles vu le style, mais ô combien efficace.
Avec The Cimmerian Years, les belges de Thurisaz offrent un très bon disque de Metal varié. A la croisée du Doom ("A Glance of Misperception"), du Black-Pagan ("My Precious Unknown") et du Dark-Death Mélodique façon
Amorphis ("The Carnival of Miscreation"), cet album se révèle sous de nombreux atours qui lui vont à ravir. Car là est la force de Thurisaz: la diversité de sa musique lui confère une identité propre, comme si le meilleur de ses pairs s'était réuni pour un album.
Quelle claque!