Peter Dolving et ses compatriotes reviennent avec leur septième réalisation, « Unseen », treize ans depuis l’éponyme «
The Haunted ». Ce n’est donc qu’après deux albums live (Road Kill en 2009 et Live Rounds in Tokyo en 2010) et une compilation (Warning Shots en 2009) que les « Hantés » ont décidé de nous gratifier du successeur de "Versus". Bien entendu, les anciens membres d’
At The Gates sont une fois encore attendus au tournant avec leur death mélodique moderne et malgré toutes ces années, l’entrain du public pour la formation scandinave est toujours vivant.
Et le moins que l’on puisse dire c’est que les Suédois n’en finissent pas de nous surprendre, puisque « Unseen » se montre dès le début différent avec le frénétique « Never Better ». Soutenu par une batterie hardcore, ce morceau d’ouverture se veut efficace et laisse entrevoir de bonnes choses pour la suite de l’opus.
The Haunted surprend même, « Disapear » et « Motionless » font partie des titres mémorables grâce à leurs accroches progressives.
Les musiciens s’amusent, entre riffs mid-tempo sauce groove metal typiques de la fratrie Björler et parties mélodiques plus posées. C’est d’ailleurs ce deuxième genre, dont nous sommes humblement servis, qui frappe le plus l'auditeur sur « Unseen » puisque les Suédois assument pleinement certaines influences, comme le chant de Peter Dolving à la James Meynard Keenan (
A Perfect Circle,
Tool, Puscifer). Bien entendu,
The Haunted reste un groupe à part et affiche de multiples facettes, comme le démontrent « The City » et son final à la
Lamb of God.
Tue Madsen, l’éternel collaborateur danois de l’illustre combo, offre une production claire qui en satisfera plus d’un. Beaucoup ont encore en mémoire cette surproduction opérée sur le « Face the Collossus » de
Dagoba, mais il n’empêche qu’ « Unseen » bénéficie d’un gros coup de pouce de la part de son producteur. La relation qu’entretiennent les Suédois avec le Danois est une des clefs de la réussite de ce septième épisode. Il va de soit que le talent de
The Haunted a su se démarquer une nouvelle fois et il est certain que cet album fera un carton à sa sortie.
Toutefois, il semble important de souligner les différences entre les débuts du combo et sa musique actuelle. L'évolution de la musique des Hantés prend une nouvelle ampleur au fil de la carrière du groupe, qui continue sur la lancée entamée par "Versus".
Peter Dolving montre quant à lui de grandes capacités vocales, le chanteur se lâche et amène une émotion qu’on ne lui connaissait pas, à l’image du court «Ocean Park » et de l'efficace « Done », et ces prouesses techniques interpellent l'auditeur. « Unseen » fonce vers le chemin de son grand frère, « Versus », avec une touche plus mélodique. Toujours est-il que
The Haunted ramène énormément d’intérêt et c’est avec ce genre de disque que la formation de Göteborg continuera à faire parler de lui.
« Unseen », avec sa pochette aux allures du «
Led Zeppelin I », est une belle offrande de 2011, l’une des plus envoûtantes des Suédois. L’évolution naturelle de
The Haunted promet de bonnes choses pour la suite de leur carrière. Pour les fans des premiers albums : cessez d’y croire,
The Haunted ne reviendra a priori jamais à son style d’antan.
Un grand bravo et rendez-vous au Hellfest !