« Rentrer dans l’univers de
End, c’est pénétrer un buisson d’épine et apprécier de s’y faire maltraiter par ses épines… ». C’est de cette manière que le groupe s’auto décrit (ou s’auto détruit) systématiquement, ce qui m’a donné quelques appréhensions avant d’écouter cette démo, qui n'est pour l'instant que la première du groupe ; mais le fait est qu’il mérite entièrement cette description. On pourrait qualifier leur musique de « métal nihiliste », tant le paradoxe est grand entre le refus absolu de certaines règles musicales, et la rigueur avec laquelle ils appliquent leurs propres règles !
Il y a cependant un aspect de ces charmantes plantes qu’il ne faut pas négliger : certes c’est pourri d’épines, mais… les mures poussent dessus. Bon d’accord, la comparaison est nulle et attendue, mais le fait est que leur univers sans pitié s’apaise parfois brutalement, comme quand on verse de l’huile sur la mer pendant une tempête ; et de la même façon, ça reprend encore plus fort après.
Leur musique repose sur un fond de blast beats et de guitares saturés ; sur le tout une voix death totalement schizophrénique, un peu à la
Children Of Bodom. Les trois premières se terminent sur des morceaux de guitares lent et curieusement ciselés notes après notes, un peu psychédéliques, et qui sont les moments de paix auxquels je faisait allusion.
Enigma of the Unknown commence sur un morceau du même genre, et à part elle seule
Desensitized possède une réelle intro, un long solo de guitare jouant sur deux notes en tout et pour tout ! Les deux autres commencent en trombe,
L’ensemble est trouble et chaotique, et tout aussi inextricable qu’un buisson de ronce ; d’une très grande qualité, et formant un ensemble d’une cohésion étonnante.
Deux chansons de leur prochain album complète le CD ; et en particulier au milieu de ces ténèbres,
Existence Asleep apporte une petite note épique, imprévue et peut être involontaire, je ne sais pas. Mais le fait est que dans cette chanson lente, avec guitare désaturée et sans blast beats omniprésentes, le chant prend soudainement une allure grandiose et désespérée qu’on ne lui connaissait pas. C’est totalement imprévu et absolument excellent.
The decline and The Fall revient dans le genre précèdent, mais en plus modéré.
Bref, sur cette démo,
End semble décidé à nous offrir ce qu’ils ont de plus obscur…