Avec « Communion »,
Septicflesh a marqué un retour tonitruant. Trois ans après, les Démons grecs reviennent avec « The Black Mass », leur deuxième album chez l’écurie française Season of Mist. Accompagnée de l’orchestre philharmonique de Prague composé de cent trente musiciens, et d’un
Peter Tägtgren portant la casquette de producteur, la formation méditerranéenne doit désormais réitérer l’exploit en sortant à nouveau album varié et original.
Septicflesh semble débarquer en territoire conquis, mais les Grecs doivent faire très attention à ne pas commettre l’erreur de parcours qui les renverrait au vestiaire. En dévoilant un nouveau titre, « The Vampire From
Nazareth », le combo a éveillé la curiosité de ses fans, qui attendent désormais la sortie de ce nouveau disque avec impatience (en France, ce sera le 18 avril prochain).
« The Great Mass » est d'entrée à classer au rang d’album intelligent, réfléchi et très artistique. Christos Antoniou, le guitariste, n’est d’ailleurs pas étranger à cette formule. L’ambiance de l’opus provient des arrangements orchestraux de ce dernier, apportant un véritable plus à des compositions finement léchées. Le quatuor arrive à ne pas non plus en faire trop techniquement parlant. Les guitares se contentent de poser une patte légère, mélodique, toujours appuyée au bon moment. Le mélange apporté par les musiciens de Prague ajoute une puissance supplémentaire aux compositions de
Septicflesh.
Les Grecs pourront clairement parler d’aboutissement avec « The Great Mass », ce n’est pas le dantesque-péplumique « Oceans of Grey » ou la noirceur black metal pharaonique du grand « The Undead Keep Dreaming » qui nous feront dire le contraire. Ces exemples font partie d'un package orchestré avec brio par un groupe en pleine explosion artistique. Des passages envoûtants dignes d’une tragédie grecque, à l’image du très fort et poignant « Apocalypse ». Une forme de poésie mélancolique, où
Septicflesh affiche sa vision démesurée de la fin.
Les Démons grecs avaient surpris tout le monde avec « Communion », mais il est certain qu'avec « The Great Mass », ils vont en scotcher plus d’un. L’album se découvre au fil des écoutes, le temps que ces hymnes soient appréciés à leur juste valeur, et fait littéralement voyager l’auditeur vers des terres inexplorées. Ajoutez à cela une production parfaite de Mr. Tägtgren, qui a su s’imprégner du breuvage des Méditerranéens, et la divine Natali Rassoulis (Chaostar), qui avait participé aux voix lyriques à l’époque d’ «Ophidian Wheel » , « A Final Temple » et « The Eldest Cosmonaut », et qui chante sur le gladiateuresque « A Great Mass of Death ».
Les passages orchestraux restent certainement l’un des meilleurs choix dans la carrière de
Septicflesh, le niveau apporté sur ce « The Great Mass » atteint une presque perfection et l’atmosphère n’en ressort que plus que jouissive. Il n’y a aucun doute à cela, les Athéniens ont pondu le meilleur album de leur carrière à ce jour.
Septicflesh montera sur les planches un peu partout en France pour la promotion de « The Great Mass », ce qui révèle une fois encore l’intérêt des Grecs pour nos contrées. Ce sera l’occasion de vérifier si la formation saura défendre aussi bien son opus en live qu’en studio.