Voilà déjà deux ans que les lillois d'Emergency Bloodshed nous ont abreuvé de décibels avec leur premier album Tales of Ordinary Violence. Depuis, il s'en est passé des choses pour le jeune groupe français, qui a enchaîné les dates jusqu'en Slovénie. Un léger remaniement de line-up (Tristan a été remplacé par Arnaud Codeville pour tenir la basse) et une bonne session composition plus tard, revoici Emergency Bloodshed, avec un nouvel EP répondant au doux nom de Wage Slavery.
Gare aux traînards, la distribution de fessée va commencer...
Si avec cet artwork on pourrait croire qu'Emergency Bloodshed s'est assagi, il n'en est bien évidemment pas le cas. On retrouve donc les lillois là où on les avait quitté deux années plus tôt, avec une musique ultra-puissante, à la croisée d'un Hardcore bien chaotique et d'un Deathcore péchu. Ceci dit, le groupe prend d'entrée de jeu l'auditeur à contre-pied en incluant des parties plus Electro, à la limite de l'Indus ("Frustration Fields" et " ** ** ***** *********"). L'EP démarrant de cette façon, on a bien du mal à reconnaître l'Emergency Bloodshed de Tales of Ordinary Violence. Tout cela témoigne d'une certaine évolution, une recherche identitaire qui conduit les compos vers un côté plus malsain (notamment sur ce premier titre), qui ouvre joyeusement la galette.
Rassurons-nous, "We Broke the System Down" remet les pendules à l'heure, à la lilloise! On retrouve ce chant brut (avec un léger côté Lou Koller de
Sick of it All), cette structure rythmique déchainée et ce gros travail sur les grattes. Le résultat est sans appel: Emergency Bloodshed mine sa musique et balance tout ce qu'il peut à la gueule de son auditeur. Les sensations sont garanties, et les seuls instants de répit (les fameuses parties Electro-Indus) ne sont que l'illusion d'un calme précédant la tempête annoncée.
Avec "God is an Excuse", le groupe pond un titre puissant (forcément!), doté d'une touche accrocheuse (pas si éloignée du "Kiss My Axe" de Tales of Ordinary Violence). Sans fioritures, Emergency Bloodshed n'en démord pas et se démène de bout en bout.
L'auditeur aura de quoi se sentir lessivé par cette nouvelle offrande, d'autant que Wage Slavery possède un son bien équilibré, une prouesse quand on sait que tout a été réalisé par le groupe lui-même, de l'enregistrement au mastering.
Comme le précise "Should Something More be Said?", que dire de plus si ce n'est qu'Emergency Bloodshed vient de tout retourner sur son passage? Comme sur son premier album, il n'a pas été question de gratter l'auditeur dans le sens du poil, bien au contraire. La furie omniprésente, marque de fabrique du combo, se confond désormais avec quelques apparitions Electro-Indus. Au lieu de déstabiliser les compositions, cet apport permet de leur donner une teinte quelque peu dérangeante.
Saluons en tout cas la volonté de sortir des sentiers battus, tout comme la belle prestation des membres d'Emergency Bloodshed!