Un son chaud comme les crépuscules dans le désert. Une voix rauque biberonnée au Jack Daniel's (forcément...). Une batterie aussi massive qu'un troupeau de bisons traversant la plaine. Vous l'aurez deviné, c'est de Stoner qu'il s'agit. Du Stoner fortement mâtiné de metal à la
Pantera. Mais si The Real Mac Coy est un groupe de sudistes, ils sont originaires du Sud de la France. Salons de Provence plutôt que la Nouvelle Orléans, vous devrez vous en contenter.
A l'écoute, pourtant, on pourrait croire à un groupe US 100% pur jus. Barn Sessions développe, tel un fleuve paresseux étend ses méandres, une ambiance de paille et de weed, de chemises à carreaux puant la sueur. The Real Mac Coy cite comme influence
Clutch, et cela s'entend. La guitare est aussi épaisse que celle du combo du Maryland, et The Real Mac Coy cultive avec
Clutch le goût pour des chansons bluesy puissantes. A ce titre, Soulless est plus que recommandable. Le groove y est omniprésent, et la maîtrise de chacun des instruments permet à l'humble chroniqueur de décerner à cette chanson la palme du meilleur titre de Barn Sessions.
Ce qui est embêtant, c'est que, à part cette pépite, et les deux chansons de fin, Searchin et
Kiss The Sky (mais The Real Mac Coy ne précise pas s'il faut baiser un canard et essayer de voler), Barn Sessions tourne toujours autour de la même chose. A votre mix clutchien, ajoutez une voix lorgnant sur celle de Phil Anselmo, et hop là. Avouons-le, c'est dommage, parce que les gaillards auraient probablement pu réhausser leur galette d'une ou deux tueries de plus. Ce qu'il faut pour que l'auditeur commence à avoir envie de réécouter le disque en boucle.
Enfin, ne boudons pas notre plaisir quand même. Barn Sessions est loin d'être désagréable, il est juste à réserver à l'aficionado de stoner. Qui sortira de la grange avec quelques pailles dans les cheveux -rapport à sa rencontre avec la jeune fermière sans doute- et une odeur illicite sur les vêtements.