Quoiqu'on en pense, le monde de Tolkien a acquis une certaine ferveur dans le monde du Metal. Les groupes s'inspirant de ses nouvelles sont légions (
Summoning bien sûr, mais aussi
Burzum, Draugnim,
Battlelore et des centaines d'autres...), mais au final peu d'entre eux parviennent à insuffler une aura suffisante pour s'approprier l'univers bien connu des trolls et autres elfes.
Dead Crown, ce jeune one-man band français (Fausto est le seul compositeur) que certains ont pu découvrir dans nos colonnes suite à la sortie d'une première démo envoutante, fait immanquablement partie de la nouvelle vague de combos 'tolkienesques', qui marient avec un certain talent la magie des ambiances épiques à un art nettement plus noir, le Black Ambiant.
Voici donc le premier album de Dead Crown, Frozen Blood.
Rappelez-vous: l'artwork de la démo se présentait tel un appel au voyage, dans les contrées reculées de la Terre du Milieu. Il semble que cette fois-ci, Fausto ait décidé d'arpenter un sentier bien plus vertigineux en arborant un visuel glacial, pas si éloigné de ceux que l'on trouve chez
Vinterriket ou Coldworld. Et comme tout bon artwork, celui de Frozen Blood a le mérite de mettre en place son auditeur, pour une bonne bouffée d'air frais de quarante minutes!
Dead Crown adopte donc une tournure plus légère, plus glaciale. Tout cela se ressent dès l'entrée en matière ("Frozen Blood"): Fausto a visiblement fait évoluer sa musique, retirant légèrement le côté épique de ses compositions pour introduire une teinte bien plus froide. Le grain de la guitare, le chant ainsi que les claviers renvoient immédiatement l'auditeur vers des contrées enneigées, vierges de toutes traces de vie. Des notes, gelées dans le temps, favorisant la magnificence de cet art sombre de nature.
Frozen Blood dévoile donc un côté encore plus ambiant que la démo précédente, bien aidé il est vrai par quelques arrangements fameux (l'excellente intro de "Between Dark and Light"). Au fil des compositions, Fausto mène son auditorat tel un capitaine de bataille. Par certains moments, Dead Crown retombe dans un Black Ambiant et épique ("War Symphony", "Call of the Mountains"...), notamment grâce à ce chant lointain (parfois clair), qui s'entremêle à des percussions guerrières comme savent si bien le faire les autrichiens de
Summoning.
La comparaison, si aisée précédemment, devient de plus en plus anecdotique à l'écoute de Frozen Blood. On sent réellement que Fausto a souhaité sortir des carcans dictés par ses influences, et bien qu'il reste quelques détails à arranger (notamment sur "Call of the Mountains"), une certaine identité artistique commence à émerger.
Un rapide coup d'œil à la production nous laisse comprendre que tout a été réalisé 'à la maison'. Cependant, Dead Crown s'en tire pas trop mal: il est évident que le style nous a offert bien pire!
Si la démo Dead Crown se voulait prometteuse, reconnaissons que Frozen Blood marque un pas intéressant dans la carrière du one-man band français. C'est évidemment le premier album de Dead Crown, mais c'est aussi et surtout la sortie qui lui permet de s'affranchir de ses influences en libérant une créativité artistique qui, à l'avenir, saura sûrement en convaincre plus d'un.
Le Black Ambiant a certes perdu de son côté épique, mais il a gagné en retour un impact bien plus important au niveau des ambiances. Et rien que pour ça, Fausto mérite un grand bravo.