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Chroniques :: Chronique de Afterburner

Chronique de Afterburner

ZZ Top  - Afterburner (Album)

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Eliminator 2, le retour



Eliminator a été un succès interplanétaire. Pouvions-nous vraiment douter que cette machine à hits ne rencontre pas le succès ? Rien que le morceau phare, Gimme All Your Loving, était un argument d'achat de masse. Certes, les vieux fans avaient du tirer la tronche face à ce brutal changement de style, mais pour cent fans de perdus, combien de nouveaux de gagné ? Afterburner, neuvième opus studio des Texans, parait deux ans plus tard, remettant à nouveau la fameuse voiture à l'honneur, mais dans une configuration quelque peu différente. Alors quoi de neuf au pays des crotales ?

Pour ainsi dire, pas grand chose... Voire rien du tout même. La recette reste peu ou prou la même : une espèce de boogie rock aux sonorités bien hard mâtinée d'électronique d'époque, donc certifiée très datée. Le style n'évolue pas d'un iota, tout juste si l'on peut remarquer que l'usine à tubes semble s'être quelque peu grippée. C'est moins immédiat, cela s'impose bien moins vite et si cela reste toujours aussi fun et décalé, on ne peut pas dire que cet Afterburner soit du même niveau que son aîné.

Bien sûr, des morceaux attirent toute suite l'oreille. Difficile de ne pas succomber à Sleeping Bag, de ne pas se laisser aller à pousser la chansonnette sur la jolie ballade électrique Rough Boy, ne pas se taper une séance de headbanging avec l'enlevé Can't Stop Rockin' ou ne pas rentrer dans le délire de Planet Of Women ? Après, il est certain que la batterie sonnant souvent de façon électronique ou les autres délires synthétiques ne seront pas au goût de tout le monde. Ceux qui espéraient que ZZ Top était revenu à un son plus roots en seront donc pour leurs frais. Parce que la formation texane a décidé de vivre de plein pied avec son époque, en s'adaptant à un marché rendu diffcile par l'émergence de toute la vague "hair metal". Et même si là encore, ZZ Top faisait figure d'ovni de par leur look ou leur musique en général, il n'est pas difficile d'imaginer les liens que l'on peut faire avec le Van Halen de cette époque, un big rock qui n'a pas peur d'être couvert de claviers.

Et qui pourrait vraiment reprocher cette direction musicale de la part des barbus et du moustachu ? Ils se sont positionné dans un créneau, ont voulu toucher la gloire et y sont arrivés. La guitare de Gibbons est toujours aussi fine, ses soli sont plaisant, bien que courts. Le groupe dégage toujours son aura de puissance, tout juste si l'on peut reprocher au batteur Frank Beard d'avoir perdu toute sa finesse de jeu pour lui aussi, se fondre dans les standards de l'époque, la rythmique étant clairement le point faible de cet opus, trop trafiquée pour être vraiment plaisante.

Même si le succès sera un peu moindre (la moitié des ventes tout de même par rapport à Eliminator), ZZ Top continue avec Afterburner de surfer sur sa gloire. S'ensuivront moult tournées qui attireront toujours un public monstrueux. Sans être un disque phare dans leur discographie, Afterburner a le mérite de ne pas donner un coup de mou brutal et de poursuivre sur une bonne dynamique, même si la formation a clairement joué la carte de la facilité en ne cherchant pas à se remettre le moins du monde en question.

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Succéder à la perfection d'un album aussi irréprochable qu'Eliminator, album qui aura conquis très largement un public fort de ses qualités de compositions, de ses riffs gras, de ses ambiances chaudes et enfumés, de ses accents bluesy subtilement disséminés et fort de tant d'autres atouts encore qu'il serait ici trop longs d'énumérer; telle était la lourde tâche qui incombait, en cette année 1985, à ce nouveau méfait, baptisé Afterburner, des texans de ZZ Top.

D'emblée, le premier sentiment né à l'écoute de ce nouvel opus est déconcertant. Bien que s'inscrivant indubitablement dans la même veine de ce Hard Rock gras et bluesy brillamment défendu sur son prédécesseur, ce nouveau chapitre insiste, en effet, plus que de raisons sur ces éléments synthétiques, ces gimmicks électro, ces interventions technologiques modernes qui parsemait subtilement Eliminator. De fait des titres tels que I Got a Message ou encore, par exemple, Velcro Fly sont étonnants de prime abord. Mais reconnaissons aussi que si l'équilibre trouvé autrefois par le groupe est ici rompus, il ne l'est pas suffisamment pour crier à la trahison. L'esprit si caractéristique du groupe défendu, notamment, par l'épaisseur si remarquable de ces riffs de guitares et par cette voix si remarquablement singulière, étant toujours bien présent.

Le propos de ce manifeste aura aussi, de surcroit, bénéficié d'un traitement sonore un peu différent qui s'inscrit parfaitement dans la volonté compréhensible du groupe d'atteindre une certaine modernité et une rondeur plus accessible. Toutefois en ôtant de cette âpreté propre à son passé récent, il se prive un peu de ce charme délicieux qui faisait aussi, en partis, la beauté de son propos. Dommage.

A l'évidence, surpasser Eliminator aura, incontestablement, été un impératif trop inaccessible pour ce nouvel opus. Il n'en aura pas pour autant démérité nous offrant quelques moments de bravoure tout à fait savoureux. Qui pourrait, en effet, rester insensible aux vertus de morceaux aussi plaisants que Sleeping Bag ou Stages? Qui pourrait résister aux riffs aussi efficaces que ceux de Woke Up with Wood ou Dipping Low (In The Lap Of Luxury)? Ou à un rodéo aussi entrainant que celui de Can't Stop Rockin'? Ou à Planet of Women? Certainement pas votre humble serviteur.

Impossible d'évoquer ce disque sans parler de Rough Boys. Cette ballade aura, en effet, contribué à faire grandir la légende du trio auprès d'une frange moins connaisseuse et plus large. Ce qui, conjugué à tout les autres petits signes prompt à tenter de séduire ce nouveau public et de fait à s'éloigner d'un autre plus expert, aura sans doute contribué au désarroi ressentis par ces derniers.

Afterburner, aura sans aucun doute pâtis de l'aura d'un grand frère bien plus efficace et aboutis. Il aura aussi été la victime honteuse, auprès de certains, de cette volonté affiché de séduire plus largement. Vivant dans l'ombre proche d'un passé révolus, et plus abordable, il n'en demeure pas moins pétri de qualités tout à fait acceptables pour satisfaire les attentes d'une assemblée exigeante. Une assistance qui, par ailleurs, aurait sans doute été moins difficile à son encontre si elle avait pu savoir ce qui l'attendait par la suite. Mais, bien évidemment, ceci est une autre histoire. Quoi qu'il en soit rendons donc grâce à cet album qui, quoiqu'en dise et quoi qu'en pense certains, à défaut d'être inoubliable, est vraiment séduisant.



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Afterburner - Infos

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Sortie : 28 octobre 1985
Genre : Hard Rock
Label : Warner Bros
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Sleeping Bag (4:03)à écouter en premierlistenparoles de Sleeping Bag
2. Stages (3:32)paroles de Stages
3. Woke Up With Wood (3:45)paroles de Woke Up With Wood
4. Rough Boy (4:50)culte !culte !listenparoles de Rough Boy
5. Can't Stop Rocking (3:02)à écouter en premierparoles de Can't Stop Rocking
6. Planet Of Women (4:04)à écouter en premierparoles de Planet Of Women
7. I Got The Message (3:27)paroles de I Got The Message
8. Velcro Fly (3:29)à écouter en premierlistenparoles de Velcro Fly
9. Dipping Low (In The Lap Of Luxury) (3:11)paroles de Dipping Low (In The Lap Of Luxury)
10. Delirious (3:41)paroles de Delirious
écouter : Ecouter l'album



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