Pete, du Wezine French Metal, a toujours été un boulimique de boulot. Quand on sait que le bonhomme s'évertue à sortir sa fameuse fournée chaque trimestre tel un métronome, on ne peut que s'enthousiasmer à l'idée de cette nouvelle offrande livrée en pâture. « Le Choix des Armes » constitue une bien belle compilation de ce que peut ainsi offrir le métal français. Faites le calcul vous même: quarante groupes y sont représentés, répartis sur deux CD, tout ça pour la modique somme de huit euros. Qui dit mieux.
Et c'est en véritable chercheur de tête que Pete(bull) est allé nous débusquer ce qui se fait de mieux en matière de métal hexagonal, piochant parmi l’élite, mais également parmi les jeunes loups en attente d’une signature annonciatrice de jours meilleurs. Car voilà la véritable valeur de cet objet, donner à de juvéniles formations les moyens de voir leurs visibilités amplifiées, la renommée « French Metal » faisant le reste. Du métal mélodique au thrash old school, en passant par le hardcore ou autre death mélodique, il y en aura pour tout le monde. Passé la surprise de retrouver des groupes signés ravageurs (l'univers déshumanisé de Hord fait toujours son charme,
Dagoba qui est décidément partout, The Oath et son black/death rageur aux orchestrations olympiennes), on se délectera à dénicher la perle rare. Celle qui fera battre votre cœur de pierre, celle qui fera headbanguer le plus chevelu d'entre vous. Bref, votre future drogue musicale. Tout d'écrire serait ainsi fastidieux et complètement chimérique. Mais nous pouvons concevoir une vue d'ensemble de ce que proposera les frenchies dans un avenir proche.
La première cuvée de ce breuvage musical comprend en outre le plus de groupes signés et se révèlera paradoxalement moins attractif que son petit frère, beaucoup plus séduisant. Mais l'on parviendra malgré tout à côtoyer les abords du ravissement avec Darkenhöld et son black metal aux ambiances médiévales épiques. Une fois que le preux paladin noir aura fini de répandre le sang des justes sur cette terre sacrée, l’envie de virevolter vers la douceur du métal mélodique de Heonia se fera sentir. D'ailleurs, la voix de Marieke, tel le lied affriolant des sirènes, se fait l'écho de ce que propose Alexandra Bernard, poétesse de Beyon-D-Lusion. Et si jamais l'atmosphère devient trop ébouriffante alors point d’affolement, Andréas et Nicolas se feront une joie de vous apporter une bouffée d'air frais salvatrice avec leur puéril mais non moins hilarant « Allô mon fifils ».
La deuxième flanquée se veut, quand à elle, plus une résonance de l’autoproduction faite maison. Elle propose aussi des formations dont les démos n’ont pas encore été signées. Alors découvreurs de talents, ouvrez grand les pavillons et enfourchez vos bécanes. Ça démarre en trombe avec Face Down et son southern thrash lourd et rythmé, le lead rock/blues y étant délectable. De la sorte, de bonnes petites surprises jalonnent ici et là ce deuxième CD. Fléo et son hardcore chaotique propose une rage folle et installe une atmosphère vaporeuse, distillant savamment des bribes de sludge pas piqué des hannetons. Mais s’il n’y avait qu’un nom à retenir ce serait certainement F.O.D.T, un visual metalcore band. Grâce à des changements de rythme incessant couplés à une basse ultra présente, il nous entraine dans une furie infernale jusqu'à la dernière seconde.
Cependant, et c'est bien là le problème des compilations, on doute de l'efficacité de certains morceaux. Tel que par exemple Syrens Call et son métal mélodique un brin pompeux. Même constat négatif pour Moghan Ra qui propose sur son titre un metalcore archi mainstream au moshpart sans intérêt. Mauvaise pioche donc. On a également l'impression que le power metal ou le heavy mélodique sont passés à la trappe pour le plus grand bonheur du death mélo.
Bon, si vous n'avez toujours pas compris c'est qu'il faut que vous voyez un toubib. Cette compilation vaut son pesant de cacahuètes. Malgré les quelques menus déchets présents, la plupart des groupes sont bons, voir très bons. Le rapport qualité/prix vous fera acheter cette compil' les yeux fermés. Bah alors, vous êtes encore là?