The Beauty In Decay n’est autre que le relfet de l’âme tourmentée de son géniteur. Souvenez-vous, nous avions découvert Guillaume « Crudy » Deconinck avec un premier essai, le sombre Out Of Time qui posait les bases d’une musique personnelle et dérangeante, étrange et définitivement en marge de ce qui a tendance à se faire en ce moment en matière de Metal. Beauty In Decay semble suivre le même chemin, avec toutefois une maturité acquise au cours d’un long travail de composition.
Ce nouvel album frappe toujours autant par son aspect proche de l’OVNI musical comme on en voit rarement passer. Après une simple écoute sans porter grande attention, on aura eu la sensation d’avoir fait un voyage étrange on ne sait où… Et les plus curieux, ceux qui aiment aller plus loin pour réellement apprécier la musique, multiplieront les écoutes, et c’est sans doute là que Crudy nous livrera les secrets d’un art intimiste et personnel. A première vue, Beauty In Decay semble plus lumineux que son grand frère paru quelques mois plus tôt. Pourtant, toujours perdu dans les méandres de différentes influences metallistiques, Crudy varie les sentiments et la chaleur de son disque au fur et à mesure des titres, au fur et à mesure des écoutes. Entre chansons très calmes et désabusées (Crushed In My Veins) et morceaux typés Black (Forgive Me), on se demande où Crudy veut nous emmener. Mais il n’y a peut-être pas vraiment de réponse à ces interrogations, il veut sans doute nous faire pénétrer son univers musical étrange, celui qui reflète les tourments d’une âme à fleur de peau, celui qui reflète aussi toute la générosité d’une personne qui a choisi d’aider ses contemporains. Les bénéfices du disque sont d’ailleurs reversés à l’association Petits Princes.
C’est en distillant ses influences issues du Rock, du Metal ou encore du Blues ou de groupes comme
Killing Joke ou The Cure et
Type O Negative que Guillaume se recrée son propre cocon musical, celui qui le rassure, mais qui en même temps le conforte dans un certain spleen. Car à en croire certains passages romantiques et des variations plus brutes, on sent que tous ses sentiments se mélangent et arrivent un peu comme ils viennent pour un effet assez décousu mais certes sincère.
Ce disque est-il vraiment pour les autres ? On se le demande parce que la musique de Crudy semble tellement intime que l’on se sent presque en train de violer son monde lorsque l’on se prend à être bercé par ses notes cathartiques. La musique de Crudy ne serait-elle pas plus un exutoire qui ferait le pont entre ce qu’il est et ce qu’il voudrait être ? Une sorte de message pour crier au monde de se regarder en face afin de rendre à tous des jours meilleurs ?
En tout cas, que l’on aime ou que l’on aime pas, Beauty In Decay porte en lui le flambeau d’une musique salvatrice, d’un travail vraiment impressionnant, et même si l’on ne sait jamais vraiment où on s’aventure au gré des notes mystérieuses et sonorités étranges, Crudy peut être fier de cet album !