Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Kiske-Somerville

Chronique de Kiske-Somerville

Kiske-Somerville  - Kiske-Somerville (Album)

 5 
10



Il…

Voilà plusieurs décennies déjà que Michael Kiske, chanteur emblématique, non seulement, pour toute une scène mais aussi, à n’en pas douter, pour toute une génération, hante, telle une âme en peine, ces lieux peuplés d’adeptes férues de musique sinon âpre, tout au moins énergique. L’artiste aurait tant voulut convertir nombres de ces congénères à cet éclectisme qui le séduit tant. mais rien n’y fit. Peu enclin à se laisser enfermer dans les sacro-saints poncifs obligatoires d’un Power Metal qu’il contribua lui-même à créé, l’homme tenta, en effet, vainement d’ouvrir les esprits étriqués. Mais rien ‘y fit. Et la cinglante déconvenue, qui fut la sienne et celle de ces compagnons d’armes d’Helloween à la sortie d’un piètre Chameleon, le laissa définitivement amer. Dès lors, profondément blessé en son orgueil, l’interprète aura même juré qu’il n’y reviendrait plus jamais. Que nul ne le verrait plus en ces terres dédiés aux musiques sobrement, et parfois un peu trop sommairement, résumé sous la bannière Metal.

Il aura fallu du temps, beaucoup de mots et de sollicitude pour que le chanteur daigne enfin délaisser ses autres aventures musicales quelques peu anecdotiques et viennent enfin se fourvoyer, à nouveau, en ce milieu qu’il avait, pourtant, tant décriés. Ainsi put-on le réentendre sur le projet Avantasia à l’instigation de son très talentueux congénères Tobias Sammet.


Elle…

Nouvelle égérie omniprésente d’une scène Power Metal Symphonico-Mélodique ardente, Amanda Somerville aura marqué de son empreinte vivace nombres de productions actuelles. Auteur, interprète et même productrice, son nom demeure, en effet, associé à ceux d’autres plus illustres lié à des projets tels qu’Aina – Days of Rising Doom, Andre Matos – Mentalize, Avantasia – The Scarecrow ou encore, par exemple, Edguy – Rocket Ride. Elle remplaça même Simone Simons au sein d’Epica lorsque cette dernière fut incapable, rendu muette par la maladie, de chanter.


Eux…

L’union de ces deux acteurs donne donc naissance à cet œuvre, sobrement intitulé Kiske-Somerville.


Nous…

La déception frustrante ressentie à l’écoute de cet album est d’autant plus âcre que le talent des deux voix œuvrant sur cet opus est indéniablement remarquable. Pis encore, la conjugaison des aigus maitrisés d’un Kiske très à son aise et des intonations plus graves suaves d’une excellente Amanda offre, à l’auditeur, l’expression d’une magie dont le charme est terriblement séduisant. Rien ne devrait-donc assombrir ce tableau idyllique.

En réalité, en dehors des qualités évidentes de cette rencontre délicieuse, cet première œuvre commune nous propose surtout de nous égarer dans les méandres de titres mélodiques terriblement conventionnels. Loin de la brillance promise par la confrontation de ces deux caractères, le disque s’enfonce, en effet, progressivement dans une facilité musicale embarrassante. De mélodies mièvres en airs convenues, Kiske-Sommerville nous offre le spectacle soporifique d’une musique aux confins d’un Hard Rock mélodique agrémentés des poncifs les plus éculés d’un Metal Syphonique à chanteuse. Pour bien faire, le groupe saupoudre aussi sa musique, de quelques riffs pour ne pas totalement trahir l’esprit duquel il se réclame, mais aussi de quelques inflexions mélodiques aux airs typiquement scandinaves. Ce choix musical n’aurait, évidemment, rien de condamnable si les morceaux de cet enregistrement n’était pas si insipides, si naïfs parfois, si éculés, si inefficaces, si convenues, si vains, si ennuyeux. Comment pourrait-on donc, alors, s’ébahir sur des morceaux aussi douceâtres et caricaturaux que Silence, End of the Road, Don’t Walk Away, Rain ou encore, par exemple, One Night Burning ?

De plus, le mixage sans aspérité de cet opus, où l’équilibre parfaitement maitrisé de chaque instrument écrase un ensemble de sa perfection sonore, est, assez étonnamment, d’une lourdeur fastidieuse.

Dans ce paysage épouvantablement beau, épouvantablement accablant, épouvantablement sans nuance, seul les excellents Nothing Left to Say, Arise et, par exemple, A Thousand Suns sont à même de redonner quelques vertus plaisantes à une œuvre qui en manque cruellement.

Ce Kiske-Somerville, né de la rencontre de Michael Kiske et d’Amanda Somerville, est donc une œuvre, malheureusement, maitrisé dans ces moindres détails. Manquant singulièrement de spontanéité, ces titres se perdent dans les affres d’une musique aux confins de plusieurs genres mélodiques dont il s’inspire assez maladroitement. Le résultat navrant ne se glorifie un peu, que sur l’osmose admirable des voix de ces deux protagonistes.

(0) Modifier l'article
par dark_omens, le 1 février 2011
Voir toutes les chroniques de dark_omens


Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :  
 5 
10
dark_omens
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires




Kiske-Somerville - Infos

Voir la discographie de Kiske-Somerville
Infos de Kiske-Somerville

Sortie : 24 septembre 2010
Genre : Hard Rock
Label : Frontiers Records
Playlist :
1. Nothing Left To Say (4:37)
2. Silence (6:20)
3. If I Had A Wish (4:20)
4. Arise (3:15)
5. End Of The Road (5:11)
6. Don't Walk Away (4:30)
7. A Thousand Suns (3:58)
8. Rain (3:47)
9. One Night Burning (4:04)
10. Devil In Her Heart (4:25)
11. Second Chance (4:55)
12. Set A Fire (Bonus Track) (3:58)
écouter : Ecouter l'album

Kiske-Somerville

Albums chroniqués :
Chronique de Kiske-Somerville
Kiske-Somerville
2010

Kiske-Somerville
Kiske-Somerville
Voir la page du groupe
Création : 2010
Genre : Hard Rock
Origine : Allemagne




Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de The Scarecrow
The Scarecrow
2008

Avantasia
Avantasia
Voir la page du groupe
Création : 2000
Genre : Metal symphonique
Origine : Allemagne


Albums chroniqués :
Chronique de Age of the Joker
Age of the Joker
2011

Chronique de Tinnitus Sanctus
Tinnitus Sanctus
2008

Chronique de Rocket Ride
Rocket Ride
2006

Chronique de Rocket Ride
Rocket Ride
2006

Edguy
Edguy
Voir la page du groupe
Création : 1992
Genre : Heavy Metal
Origine : Allemagne

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Babez for Breakfast
Babez for Breakfast
2010

Lordi
Lordi
Voir la page du groupe
Création : 1991
Genre : Hard Rock
Origine : Finlande


Albums chroniqués :
Chronique de Black Ice
Black Ice
2008

Chronique de Black Ice
Black Ice
2008

Chronique de Ballbreaker
Ballbreaker
1995

Chronique de The Razors Edge
The Razors Edge
1990

AC/DC
AC/DC
Voir la page du groupe
Création : 1973
Genre : Hard Rock
Origine : Australie


Albums chroniqués :
Chronique de Kiss Of Death
Kiss Of Death
2006

Chronique de Inferno
Inferno
2004

Chronique de Overnight Sensation
Overnight Sensation
1996

Chronique de Sacrifice
Sacrifice
1995

Motörhead
Motörhead
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Savage Amusement
Savage Amusement
1988

Chronique de Blackout
Blackout
1982

Chronique de Animal Magnetism
Animal Magnetism
1980

Chronique de Lovedrive
Lovedrive
1979

Scorpions
Scorpions
Voir la page du groupe
Création : 1971
Genre : Hard Rock
Origine : Allemagne

Concerts:
Rapports de concerts:

Alice Cooper
Alice Cooper
Voir la page du groupe
Création : 1964
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis

Concerts:
Rapports de concerts: