Une quête bien moins futile qu'elle n'y paraît...
Anachronaeon, duo suédois encore inconnu dans nos contrées, se présente comme un groupe de Dark Death aux accents progressifs. Andreas Åkerlind (batterie) et Patrik Carlsson (chant, guitares, basse), les deux têtes pensantes du projet, n'en sont pourtant pas à leur premier coup d'essai puisque The Futile Quest for Immortality est déjà le troisième opus du combo, suivant les albums The New Dawn (2007) et As the Last Human Spot in me Dies (2006).
Quoiqu'il en soit, les deux capitaines semblent déterminés à faire parler d'eux. Et pour cela, rien de tel que neuf morceaux variés, mélodiques et efficaces!
Si cette courte introduction laisse présager une musique sombre et mélancolique, autant vous dire de suite que vous faîtes fausse route. The Futile Quest for Immortality n'a effectivement que le nom de Dark, puisque nous avons plutôt droit ici à un Death Mélodique racé, qui n'hésite pas à puiser ses sonorités dans un style nettement plus noir, le Black-Death. Il ne sera donc pas rare de faire face à une sacrée panoplie de riffs accrocheurs, de leads en pagaille ("The Darkness in the Corner of my Eyes", "Towards Purity"...), le tout gentiment maltraité par des vocaux multi-facettes, offrant un panel de sonorités assez large (chant clair, growls et chant bien plus Death).
On s'étonne déjà de voir avec quelle simplicité Anachronaeon passe d'un style à un autre ("Wither" et "Ages Ago"!). Les suédois ont certainement eu le temps de travailler leurs compositions, ce qui leur donne un certain cachet authentique ("Grief was Never Far Away and I Invited her to Stay"), loin de ce qu'on a pour habitude d'entendre. Attention toutefois, les suédois n'inventent rien dans leur style, c'est juste dans la façon dont ils mixent leurs influences qu'ils tirent leur épingle du jeu.
Et pourtant, The Futile Quest for Immortality ne démarre pas de la meilleure des manières. "The Futile Quest" lance l'opus d'une façon très bancale, basée sur une mélodie ennuyeuse et sur des plans très banals. Heureusement, Anachronaeon lance la machine à partir d'"Ages Ago", et ce jusqu'à la fin de l'opus, et prouve bien que le duo ne se fixe pas de limites ("End") et se plaît à varier les styles pour frapper le plus de monde possible.
Du coup, ce troisième opus prend une saveur autrement plus intéressante quand on la découvre dans sa globalité. Le principal défaut de la galette réside dans sa production, qui n'a rien de l'étoffe d'un troisième album. Et c'est bien dommage, car un mixage moins brut aurait grandement favorisé les neuf pistes...
Si ce troisième album peut paraître déroutant de prime abord, il est évident qu'Anachronaeon a su lui donner une force suffisante pour renverser la situation à mesure que l'on découvre ce The Futile Quest for Immortality. Le mélange des styles (Death Mélodique, Black-Death...) permet aux suédois de se dégager une certaine personnalité, qui arrivera rapidement à maturité.
Évidemment, il reste quelques détails à peaufiner (la prod', le chant clair à travailler...), mais le duo s'en tire avec les honneurs. En tout cas, cet opus a le mérite de proposer une musique bien sentie, qui ne demande qu'à exploser...
Affaire à suivre donc...