Ainsi,
Kai Hansen a quitté
Helloween, las des querelles internes l'opposant à
Michael Weikath, épaulé par
Michael Kiske. La séparation était inévitable, mais ça fait un choc pour les fans à l'époque. Qu'allaient devenir les citrouilles ? Qu'allait faire Kai Hansen ? Dans un premier temps, ce dernier va donner un coup de main à
Blind Guardian avant de former son propre groupe. Longtemps la maison de disque allemande
Noise tenta de capitaliser sur ce nom qui était déjà reconnu en indiquant sur les samplers et autres articles promos le nom d'Hansen, mais ce dernier ne voulait pas entendre parler d'un projet solo et orientait son travail dans un esprit de groupe. Là, il s'adjoint les services de
Ralf Scheepers au chant (ex-
Tyran' Pace et déjà souhaité par Hansen pour devenir chanteur d'Helloween fin 1986), d'
Uwe Wessel à la basse et de
Mathias Burchardt à la batterie.
Après avoir créé un buz autour de ce projet (alors baptisé par la maison de disque Kai Hansen) grâce au morceau Heaven Can Wait, le groupe officialise le nom de Gamma Ray et enregistre un premier album qui parait début 1990. Pochette sommaire dans des tons bleutés, limite radioactifs, logo sommaire contre une pyramide toute en transparence, le visuel s'écarte de la fantasy développée avec Helloween. Mais musicalement, inutile de chercher trop loin, on se retrouve avec ce qui aurait pu être la suite logique des
Keeper Of The Seven Keys des citrouilles. Pas de grosses surprises donc, il s'agit d'un speed mélodique tout ce qu'il y a de plus élémentaire, mais globalement de bonne tenue. On retrouve également un morceau sautillant à la Future World (Heaven Can Wait), une longue pièce épique (le formidable Heading For Tomorrow). Même une ballade avec cette première version de The Silence qui rend déjà très bien. Mais en grattant un peu, on se rend tout de même compte que sur la durée, il manque tout de même un Weikath pour équilibrer l'ensemble. Certes, Scheepers se fend d'un titre, le plutôt anecdotique Free Time, mais sinon, Hansen contrôle la quasi-totalité de ce disque (sauf la reprise d'
Uriah Heep et le morceau cité plus haut), jusqu'à la production de cet opus relativement sympathique mais non dénué de quelques faiblesses, comme Money ou Hold Your Ground qui ressemblent plus à des face B honorable qu'à de réels bons titres. L'ensemble est pro, carré, la batterie manque certainement de puissance, mais pour les fans du bonhomme, il y a de quoi se réjouir : Hansen est de retour et il n'a pas tourné sa veste. Au point où Ralf Scheepers doit parfois forcer sa voix puisque la majeur partie des titres ont été composés en pensant à la voix de Michael Kiske.
Heading For Tomorrow est une carte de visite intéressante. Gamma Ray est un projet prometteur même s'il manque cruellement d'originalité. Mais bon, que voulez-vous ? Kai Hansen se voit souvent attribuer la paternité de ce style, alors ne crachons pas dans la soupe et prenons ce disque pour ce qu'il est : un bon moment de heavy metal véloce et bien burné.