Voilà maintenant quatre ans que le deuxième album des Français de Zuul FX, « Live Free or Die », est sorti dans les bacs. Après un DVD live, « Live in the House », qui fait figure de best of, l’activité du quatuor d’Ile-de-France est presque au point mort. La bande de Steeve Petit revient de bonne augure avec son nouveau né, « The Torture Never Stops ». Une nouvelle fois distribuée par XIII Bis, la machine parisienne voit le départ du batteur, Aurélien Ouzoulias, et marque le début d’une collaboration avec un artilleur de choix en la présence de Clément Rouxel, qui officie également dans T.A.N.K., Lyzanxia et One-Way Mirror. Autant dire que cette substitution reste de choix et de qualité.
Avec une pochette de bon goût (?), à la fois faussement mal foutue et dérangeante, voyons ce que le Zuul FX version 2011 a dans le ventre. Après un premier brûlot largement surplombé par ses influences directes (
Fear Factory et
Slipknot en tête) et un deuxième méfait nettement plus personnel, « The Torture Never Stops » est censé confirmé la bonne lancée des Français.
Le peu de fans présents au Bus Palladium, en novembre dernier à Paris lors d’une soirée consacrée à David Bowie, ont d’ailleurs eu l’occasion d’entendre quelques titres issus de la galette. Pas réellement de quoi se faire un avis définitif sur ce que vaut la bête, qui s’avère, dès les premiers instants et l’intro « I Want to Kill you Like They Do », assez surprenante et déroutante. Ce constat change littéralement la facette artistique que les Français ont appliquée jusqu’alors et peut déstabiliser les auditeurs. « The Torture Never Stops », le morceau éponyme, fait indéniablement parti des meilleurs titres du CD et rappelle un certain
Meshuggah. Cette référence s’applique également au break de « Living Creature », où le guitariste s’adonne à un riff nébuleux. « The Maze » et « Beat the Crap Out », qui ont été joué à plusieurs reprises en concert, sonnent comme des chansons naturelles et typiques de la bande. Elles ont été placées stratégiquement en tête de fil pour ne pas choquer et c’est plutôt bien joué, car Zuul FX apporte des influences, ici et là, pour garnir son son.
C’est alors qu’on remarque que Steeve Petit s’est inspiré de la musique hardcore, comme sur « Dancing Around The Death » et ses samples à la « Demanufacture », mais aussi de
Devildriver ou
Rob Zombie, à l’instar de « Bipolar Confusion ». Un clin d’œil en hommage du réalisateur de The Devil Rejects qui fera sourire, durant lequel lle vocaliste se soumet à un débit vocal appréciable et bien calculé. Le frontman appuie son chant clair sur « Man of Silence » et son refrain entêtant où il répète inlassablement « You’ve Got My Soul ». Le morceau sonne frénétiquement, avec des parties tribales orchestrées par Clément et où Karim lâche un solo prodigieux. Ce dernier semble plus détendu, il délivre une prestation remarquable. Le Réunionnais assomme son monde en pondant des parties rythmiques et solistes de haut niveau et inspirées, complétées par une basse réfléchie. Les Parisiens semblent donc vouloir ouvrir une page neuve dans leur répertoire, en osant de nouvelles choses.
« The Torture Never Stops » change le visage du Zuul FX d’antan et propose une musique plus personnelle, toujours à l’américaine, même si la formation n’arrive que difficilement à se détacher de ses influences. Steeve Petit et ses gens vont encore faire décoller la fosse avec ce nouvel album, qui les présente sous leur meilleure forme. Une mention spéciale est à attribuer au guitariste, Karim, qui a le don de maltraiter sa guitare de la plus belle des manières. Son talent éclaircit les compositions du groupe. Désormais, nous allons voir comment ils défendront un album de cette qualité scéniquement, où les morceaux prendront une réelle envergure. Le début d’année commence sous de bons auspices avec ce brûlot du côté de nos Français.