Après l'échec artistique de Deep Shadows And Brilliant Highlights,
HIM se devait de réagir, de reprendre du poil de la bête pour ne pas sombrer définitivement dans les miasmes des groupes farfelus et incompétents du genre. La formation entre rapidement en studio pour lui donner un successeur et le premier single à en être extrait n'est pas pour mettre en confiance. The Funeral Of Hearts est du
HIM pur jus, une ballade électrifiée, un rien trop classique pour être honnête. Surtout répétée un nombre inlassable de fois sur ledit single, jusqu'à l'écoeurement pour ainsi dire.
Aussi, l'album Love Metal s'annonce sous de bien mauvais auspices (qui n'ont rien à voir avec celles de Beaune) et bien malin aurait été l'aruspice à prédire un tel démarrage ! En effet,
Buried Alive By Love n'est pas une simple ouverture gentillette, c'est une déclaration d'amour au genre, dans les limites de
HIM toutefois. Le rythme est enlevé, la guitare se fait acerbe, la voix de
Ville Valo se veut plus agressive, elle se déchire même par moment. Le rendu est bon, très bon même. On s'attend à du lourd tout au long de la galette, forcément, une remise en question de la part du groupe, mais malheureusement, ce ne sera qu'une espèce de feu de paille.
The Funeral Of Hearts vient tout de suite se coller à cela pour nous rappeler que
HIM fait avant tout du
HIM, à savoir un rock metal teinté de gothique, avec des touches plus easy listening assez présente. A une époque, on aurait peut-être dit FM, maintenant on préfère généraliser avec le terme "pop" qui est toujours à prendre avec des pincettes. Cependant, contrairement à Deep Shadows..., Love Metal se veut un retour de la guitare au premier plan. Celle-ci est bien plus présente, son jeu se fait un peu plus varié. On reconnait toujours le style assez personnel du groupe, mais les morceaux sont plus complexes, plus longs, sans pour autant être un retour à Greatest Lovesongs Vol. 666, mais plutôt un mélange déséquilibré des trois premiers opus, sans jeter systématiquement les points les plus mauvais.
Alors oui, il y a beaucoup de ballades, une fois de plus, mais elles se noient dans l'ensemble plutôt que de noyer le reste cette fois-ci et ce n'est pas un mal. La composition se veut plus ambitieuse, les morceaux sont plus longs et ne suivent pas tous la trame logique que
HIM appliquait sur son précédent disque. Une remise en question importante qui lui permet de sortir la tête de l'eau, avec des sonorités plus vintage, plus proche des '70 par moment (
Endless Dark,
Love's Requiem par exemple). Bref, une richesse musicale bienvenue, mais qui n'empêche pas l'album de se heurter à une certaine formalité stylistique qui finit lentement par nuire à la qualité globale de l'ensemble.
Love Metal aurait pu être l'album de la rédemption pour
HIM, mais ce n'est pas le cas. Hésitant, pas forcément homogène et parfois difforme, il se heurtera à une certaine hostilité de la part du public et contribuera malgré lui, malgré ses qualités, au déclin commercial du groupe qui se verra peu à peu reléguer en seconde division après des débuts en fanfare, commercialement parlant. Dommage, il y a de très bonnes choses à retenir sur ce disque, au milieu des moins bonnes qui surgissent un peu partout, sans forcément laisser l'opus respirer et vivre pleinement ce qu'il aurait du vivre. Un effort louable à saluer, néanmoins.