Stratovarius, c'est l'enfant du guitariste
Timo Tollki, un enfant qui grandit et qui change parfois. Des braillements des premiers pas, on a assisté à une certaine évolution jusqu'au diptyque
Episode/
Visions qui établissait définitivement le style Strato et surtout, l'avènement de la gloire avec ce qui est considéré comme le line-up classique du groupe. Par la suite, cela ne change plus tellement, Tolkki et ses sbires préférant assurer l'essentiel plutôt que de prendre de réels risques.
Infinite succède à un
Destiny sombre et vraisemblablement sous-estimé et se place tout droit dans la logique du groupe, à savoir un album de Stratovarius pur jus, avec ces hymnes speed mélodiques aux chœurs bien présents et ses longs morceaux épiques. Mais ici, on se retrouve avec un bon disque. Pas de quoi être étonné, pas de quoi crier au génie, mais on fait face à un combo qui connait son boulot et qui sait comment envoyer la sauce dans son style et qui le fait bien.
Si l'album commence étrangement sur un mid tempo aux accents un peu pop, l'excellent Hunting High And Low (véritable hymne pour le groupe), le groupe sait toujours appuyer sur l'accélérateur comme le prouvent l'excellent Millenium et le plus dispensable Phoenix. Speed et bien produit, le disque s'écoute facilement. Les férus de vitesse en tout genre se plairont à se massacrer les cervicales sur Glory Of The World ou sur le pétillant Freedom. Ceux qui préfèrent les morceaux plus posés peuvent grincer les dents face à un A Million Light Years Away sans envergure, mais savoureront à juste titres des compositions épiques comme Mother Gaia , une espèce de power ballad au final détonant, ainsi que l'épique Infinity qui du long de ces neuf minutes se pose comme l'un des meilleurs titres de Stratovarius.
On notera également le chant splendide de
Timo Kotipelto qui force un peu moins par moment, ce qui permet d'apprécier sa tessiture de voix. Infinite est un bon disque, classique par bien des côtés, mais fort agréable à écouter. Avec sa formule simple, additionnée à une bonne humeur retrouvée, ce disque représente une éclaircie après Destiny. Tout semblait pour le mieux, mais le groupe n'était pas loin de son auto-destruction...