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Chronique de Kveldssanger

Ulver  - Kveldssanger (Album)

Chansons du Soir



1995 fut une année charnière pour Ulver avec la sortie de Bergtatt - Et Eeventyr i 5 Capitler, leur premier LP qui devint rapidement un incontournable au sein d'une scène BM norvégien déjà très fournie. Pendant cette même année, Ulver composa également les titres qui allaient constituer Kveldssanger ("chansons du soir" en norvégien), un titre d'album qui porte bien son nom. A la manière d'un Celtic Frost, les Norvégiens ont toujours fait dans la qualité, l'avant-gardisme et l'expérimentation, jouant aux touche-à-tout, refusant d'emprunter les sentiers battus et surgissant toujours là où on ne les attendait pas forcément. Et Kveldssanger, au même titre que The Marriage of Heaven and Hell ou Perdition City qui montreront une évolution vers l'electro-ambiant, en est un très bon exemple.

Car Kveldssanger est un disque très particulier... qui n'a rien de black metal, ni de metal tout court d'ailleurs. UIver sort en effet, en 1996, un disque entièrement acoustique, mélancolique et dépouillé. Un album nostalgique et envoûtant, dont la froideur évoque peut-être le crépuscule se dessinant sur les contours enneigés des montagnes scandinaves, un vent glacé faisant s'agiter la cime des pins, ou encore le pâle éclat de la lune à travers le brouillard.
La formule est simple, mais le résultat magnifique : un chant grave, des choeurs masculins lointains rappelant parfois des chants grégoriens, des guitares acoustiques, une flûte et un violoncelle. Le tout est donc très folk et on ne peut s'empêcher de penser aux origines d'Ulver, à son amour pour les contes et légendes de son pays, mais aussi pour sa nature.

Ici cependant, rien de guilleret ou de dansant, rien non plus de "pagan" : Kveldssanger se veut éminemment minimaliste et introspectif. Tout au long des treize chansons présentes sur l'album, Ulver dépeint la même tristesse calme, la même atmosphère qui semble issue directement d'un autre temps. Si cela pourra paraître mou et répétitif à certains, il paraît cependant important de considérer ce Kveldssanger comme une oeuvre cohérente et compacte, dont tous les titres participent à la même visée. Un album concept, finalement, mais surtout un opus attachant et humble, qui prouve qu'Ulver est définitivement un groupe unique.
Que ce soit sur A Cappella (Sielens Sang), un morceau uniquement vocal comme son nom l'indique, avec ses harmonies de choeurs graves, la funèbre Kledt I Nattens Farger ou encore Utreise et Ulvsblakk, on n'est souvent pas loin de la chair de poule tant Ulver semble avoir le talent de toucher son auditeur en le transportant bien au delà d'un univers morne et urbain, pour le faire pénétrer dans un monde à la beauté simple, mais poignante.

Un an plus tard, les Norvégiens sortiront Nattens Madrigal - Aatte Hymne til Ulven i Manden, une nouvelle pierre apportée à l'édifice de leur discographie si surprenante et un disque résolument black metal, d'ailleurs souvent considéré comme leur meilleur à ce jour.



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