Souvenez-vous le début des années 2000. Rappelez-vous le temps béni où un petit groupe du Massachusetts répondant au doux nom de
Killswitch Engage commençait à dicter les codes d'un nouveau genre: le Metalcore. Après deux excellents opus (
Killswitch Engage et Alive or Just Breathing), Jesse Leach (chant) décide de quitter le combo, emportant avec lui une partie du charisme et de l'identité de KSE.
Tout cela nous renvoie en 2008, année où Jesse et Adam Dutkiewicz (guitariste et compositeur de KSE) décident en souvenir du bon vieux temps de former un nouveau groupe, Times of Grace. Le but est clair: proposer une musique accrocheuse, efficace, dans un esprit Metalcore évident. Et c'est ainsi que début 2011 sort The Hymn of a Broken Man.
Soyons clair d'entrée de jeu: avec ce premier opus, les deux compères donnent l'illusion de ne s'être jamais séparés. Forcément, Times of Grace offre une musique proche des débuts de
Killswitch Engage, à savoir un Metaclore péchu, quoiqu'un peu plus mélodique. On retrouve donc un beau déluge de riffs assassins ("Strength in Numbers", "Live in Love", "Hope Remains"...), des refrains percutants, le tout dans une prod' des plus actuelles. Difficile de ne pas reconnaître que Leach et Dutkiewicz savent y faire...
Le temps de treize brûlots, le duo envoie le boulet comme il se doit, mais sait parfois se rendre plus 'gentillet', pour installer des ambiances très mélancoliques ("Until the End of Days", "Fall from Grace"...). Le rendu est vraiment intéressant, d'autant que pour l'occasion Jesse Leach offre une prestation remarquable. On reconnaitra par la même occasion que Times of Grace a semble-t-il trouvé un équilibre parfait entre parties calmes et d'autres bien plus soutenues (surtout avec le puissant "Fight for Life"!), ce qui apporte un certain relief à l'opus.
Et histoire d'aérer The Hymn of a Broken Man, on retrouve un interlude sympa ("In the Arms of Mercy"), ainsi qu'une petite ballade typée
Stone Sour ("The Forgotten One"). Cette piste n'étant pas forcément nécessaire, mais soit.
Avec ce premier opus détonnant, Times of Grace renvoie la très grande majorité des groupes du style dans les cordes. Que dire si ce n'est que les treize morceaux de The Hymn of a Broken Man symbolisent à eux seuls les lois du genre, à savoir Mélodie, Agressivité et Puissance (et chant clair!). S'il pense bien souvent à
Killswitch Engage (quoi de plus normal?), l'auditeur s'estimera heureux de retrouver le chant de Leach sur des compositions aussi solides (on est loin de The Empire Shall Fall...).
Alors certes, cet opus ne réinvente pas le style, mais peu de groupes offrent une qualité au mois semblable à cet hymne en treize actes...