Parfois, les groupes les plus productifs devraient se poser un peu, prendre leur temps pour composer un album intéressant et surtout original. Une année seulement après un Only Inhuman plutôt sympathique à défaut d'être réellement innovant,
Sonic Syndicate revient avec un Love and Other Disasters qui, rien qu'au regard du nom, ne sent pas très bon.
Le programme est toujours le même: une musique actuelle (teenage devrais-je dire), mélangeant éléments Death Mélodique à la
In Flames et Metalcore gentillet, le tout saupoudré d'une bonne dose de pseudo-ballades niaises et très pompeuses.
Chronique d'un raté total.
Dès le premier coup d'oeil, on sent que Love and Other Disasters se place dans la lignée de son prédécesseur. Logique continuité ou simple repompe des idées? Difficile de savoir, d'autant que la musique proposée n'est qu'un clone raté d'Only Inhuman...
Pourtant, l'opus démarre tranquillement avec un "Encaged" très Death Mélo à la suédoise. Sans être foncièrement mauvais, ce titre se laisse écouter, de la même manière qu'on pouvait s'envoyer le contenu entier d'Only Inhuman. Seulement tout se gâte avec la suite: "Hellgate: Worcester" dévoile le côté sombre de
Sonic Syndicate, la face littéralement ennuyante du combo suédois. Un refrain dégoulinant, des couplets inintéressants... Et les choses ne vont pas aller en s'arrangeant...
Mis à part un "Jack of Diamonds" ou un "Damage Control" très
Dark Tranquillity dans ses riffs, la totalité de l'opus est d'une qualité très moyenne, on n'est malheureusement pas loin de goûter à une soupe musicale froide et insipide. Le chant clair de Roland Johansson (son dernier album avec les
Sonic Syndicate d'ailleurs, probablement l'un des membres du groupe qui s'en sortira le mieux à l'avenir), sans être forcément faux, se veut lassant, perdu entre des effets ultra-niais ("Contradiction", "Fallout") et d'autres tout simplement ratés ("Red Eyed Friend").
Musicalement,
Sonic Syndicate a sensiblement voulu se rendre plus attractif. On ne compte plus les ballades pour minettes, et le peu de fois où le groupe s'en tire à peu près, c'est pour nous pondre des titres qui auraient leur place sur Only Inhuman... Pourtant, Love and Other Disasters est doté d'un gros son (là encore proche de son prédécesseur), mais il est clair que cela ne suffit pas. On reconnaîtra également quelques riffs sympas sans être non plus transcendants ("Affliction"...) et d'autres arrangements intéressants, mais l'intérêt d'écouter un tel album s'arrête clairement ici, ne cherchez pas d'autres raisons, il n'y en a pas.
Au final, le
Sonic Syndicate époque Eden Fire est loin, très loin. N'y allons pas par quatre chemins, Love and Other Disasters est mauvais. Si ce n'est des compositions calibrées radio, il n'y a eu aucune évolution depuis la sortie d'Only Inhuman un an plus tôt. Les morceaux s'enchaînent, se ressemblent et s'oublient aussi vite qu'ils sont arrivés. Pourtant, et je le répète, le combo suédois a quelques bonnes idées, notamment au niveau de certains riffs et d'arrangements, mais le chant clair définitivement niais vient démolir le tout à grands coups de pompes.
Il est clair que
Sonic Syndicate n'a pas réalisé son opus de prédilection, je vous conseille de vous tourner vers les premiers efforts du groupe, si encore en avez-vous le courage après l'écoute de Love and Other Disasters...