Sur le papier, le groupe a l’air vraiment intéressant. Quand on sait qu’il est composé par un membre de Glorior Belli aux instruments et au chant, et un batteur de folie (Ad Hominem,
Benighted In
Sodom, Arcana Coelestia entre autres), on s’imagine déjà en train de jubiler à l’écoute de ce premier album de la part du mystérieux combo ! Et ce qui vient ajouter à l’aura qui se dégage de cet ensemble, ce sont les photos promotionnelles qui nous embarquent au cœur de la démence. Et quand en plus on sait que 11 as in Adversaries est signé sur le fameux label ATMF, là, on ne se sent plus !
Pourtant, grande sera la déception ! Vous vous attendiez à du Black Metal hein ? Du genre de celui que procure Glorior Belli ou Arcana Coelestia ? Un truc qui fait planer, voyager, frissonner, le genre de Black qui nous plante en plein cœur de l’enfer, un enfer contemplatif et malsain avec une touche de mélancolie pour transcender le tout ? Eh bien vous vous trompez sur toute la ligne. 11 as in Adversaries officie dans un registre proche du Hardcore, en fait, il se situe quelque part entre Hardcore et Post-Hardcore, et au final, contrairement à ce qui était annoncé, il n’y a rien de vraiment expérimental. Pour les musiciens, peut-être que cette musique résulte d’une expérience spéciale, mais dans le style Post-Hardcore, il n’y a rien de vraiment étrange pour qui aura déjà eu l’occasion de poser l’oreille sur
Isis, Kill The Thrill ou autre… Alors oui, certes, il y a des passages avec des tempos bizarres, des sonorités étranges, presque industrielles ou futuristes par moment, sans pourtant rentrer dans la caricature de l’electro. Même si en fait, une touche electro aurait peut-être été plus cohérente que certains passages inutiles. Je pense à un truc puissant du genre Neo Inferno 262 ou
Abigor, voire BlackLodge qui aurait apporté un petit côté moderno-malsain (oui, ce mot n’existe pas, mais vous comprenez l’idée…).
Parce que malgré la musique qui ne casse pas des briques, on aurait pu s’attendre à des ambiances qui mettent mal à l’aise, on est en droit d’attendre un côté vraiment glauque et morbide comme en témoigne les images promo. Mais non, on ne ressent rien, pas le moindre frisson, pas la moindre présence démoniaque. Et en manquant cruellement de puissance, on finit par se demander quel est le réel intérêt du groupe. Même la présence de Kvarforth de
Shining sur un titre n’apporte rien, ou plutôt, pas grand-chose. Pourtant, si le personnage est souvent décrié dans le milieu, on ne peut nier la qualité de son chant, sa schizophrénie et sa démence. Mais là, il n’arrive pas à nous faire exploser, la faute à une musique bien trop plate. Pourtant, avec ces plans compliqués et des sonorités spéciales, on sent que le groupe a travaillé pour proposer une musique réfléchie et originale. Mais noyé dans le monde du ‘core’ à tout va, il n’arrive pas à trouver vraiment sa place, et surtout, on ne sait pas vraiment où il veut en venir…
Ce premier album du combo est un disque largement dispensable qui trompera dans un premier tout blackeux fan des groupes dans lesquels les membres officient. Et dans un deuxième temps, même les fans de musique expérimentale trouveront très vite l’ennui, parce qu’au final, ce melting-pot ne sera que le reflet de ce qu’on a déjà entendu des centaines de fois chez d’autres groupes comme Overmars ou autre, mais qui ont un côté malsain et morbide plus prononcé.