Y a pas à dire, il y a des pratiques qui ne sont pas très catholique. Bon, vous direz, le metal et les catho, ça fait deux de toute façon. Mais bon, parfois Satan est un pauvre demeuré et l'homme l'est encore plus à l'écouter. Pour preuve, ce Successor. L'album
Ecliptica avait été très bien accueilli tant par la presse que par le public, ce qui a créé un buz autour du groupe. Quand en plus l'alors tout puissant
Stratovarius décide de les incorporer à leur tournée en compagnie de
Rhapsody Of Fire (alors Rhapsody tout court), il y a de quoi faire gonfler des chevilles et de buz, créer un phénomène de foire.
Alors on peut toujours relativiser en avançant le faible prix d'un EP, le fait que ce qui venait à cette époque de Finlande était forcément majestueux et absolument indispensable, cela reste un marketing sauvage qui fini par donner une mauvaise image d'un groupe. Surtout qu'avec Successor, le contenu n'est pas des plus folichon. Déjà, la version edit de Fullmoon est gentiment inutile. Quel intérêt de présenter ce morceau dans un format plus court ? San Sebastian est une composition sympathique dans la ligne speed du premier album tandis que Shy est une ballade. Une jolie ballade. Mais c'est une ballade, quoi. Le groupe se frotte également à deux reprises. Déjà, Still Loving You, le slow intemporel des
Scorpions. Encore un slow ? Non parce que Sonata Arctica s'amuse et se fait plaisir en transformant cette chanson en un morceau speed au détour d'un break intéressant. La seule réelle bonne surprise de cet EP en fait, vu que la reprise du I Want Out d'
Helloween perd en charme en étant ainsi accéléré à outrance (on se rend ainsi compte que le mid-tempo est ce qui convient le mieux à cette composition). Quant aux deux morceaux live, ils dévoilent un groupe qui tâtonne encore sur scène et qui ne parvient pas à donner une seconde vie à ses morceaux qui ne demandent pourtant qu'à s'exprimer devant un public. Puis bon, Letter To Dana pour le pressage français, c'est pas non plus ce qu'il y a de plus motivant.
Bref, cet EP est comme une grande partie des EP : complètement inutile et intéressera en priorité les fans. Les autres peuvent se concentrer sur les véritables opus studio, bien plus riches et moins formaté que ce Successor au nom bien mal choisi.