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Chronique de Sjukdom

Lifelover  - Sjukdom (Album)

Maladie non contagieuse



Avec ses trois premiers albums, Lifelover a vraiment connu ses heures de gloire ! Chacun d’entre eux renfermaient une atmosphère caractéristique et dérangée qui a exposé le groupe à un public relativement large quoi qu’on en dise… Quelque part entre Silencer et Shining, ces jeunes suédois ont su se faire un nom dans le Black Metal avec une musique intéressante, tourmentée, malsaine et originale.

Mais l’engouement pour Lifelover s’est assez vite atténué avec la sortie du EP Dekadens. Un disque assez claudiquant, qui ressassait des ambiances et des riffs que l’on connaissait déjà, bref, loin d’être un pilier de la discographie du groupe. Il faut dire que depuis la parution de la démo en 2005, le groupe a enchainé ses sorties d’album, espacées à peine d’un an, et là, depuis le fameux Konkurs, il n’y avait rien de vraiment intéressant sur le feu, à peine de quoi faire un EP pertinent…
2010 n’aura rien vu sortir sous le nom de Lifelover, et c’était peut-être mieux ainsi, histoire de permettre au groupe de ressortir quelque chose de vraiment poignant et surprenant, avec l’impact de Pulver par exemple. Et voilà qu’en 2011, ce nouvel album tant attendu par les fans voit le jour !

Ne tournons pas autour du pot plus longtemps, ce nouvel opus risque d’en décevoir plus d’un. Alors, deux cas de figures peuvent se présenter. Le premier, si l’on n’est pas trop exigeant et que l’on veut entendre du pur Lifelover, on sera conquis par Sjukdom, c’est inévitable. Si au contraire on attend de Lifelover un effet de surprise aussi fort qu’avec sa démo, ou son premier album pour ceux qui n’ont pas eu la chance de se la procurer, alors on tombe très vite dans l’ennui. Sjukdom est du Lifelover pur et dur, sans rien de nouveau, sans rien d’innovant.
On trouve toujours ce côté bien Black qui donne un côté occulte ou dérangé à l’ensemble. Puis ce chant qui se transforme parfois en cris aliénés n’a pas la même consonance. Quelque chose de faux vient vicieusement se greffer à l’ensemble et Lifelover perd de son impact… Si les parties de clavier venaient ajouter une dimension inquiétante et menaçante autrefois, aujourd’hui on ne retrouve que des fragments de mélodies stériles entendues des centaines de fois. Des mélodies simples n’ayant absolument rien de technique ou d’innovant qui contribuent grandement à l’ennui général qui se dégage de cet album. Prenez par exemple Horans Hora et ses relents Doom et vous comprendrez très vite où je veux en venir avec le mot ‘ennui’ !

Pourtant, Lifelover a toujours le sens de la musique, avec des tempos très variés, tantôt rapides et lourds, tantôt lents et maladifs, mais il n’en ressort rien qui prenne les tripes comme avant. Tout semble artificiel en fait. Lifelover ressort des recettes du passé qui pouvaient être expérimentales, et qui donc avaient un petit quelque chose de mystérieux et déroutant. Mais maintenant, on connait à l’avance ce qui va se passer dans tel ou tel titre tellement le groupe devient prévisible. Et on ne retrouve pas ce côté dangereux des premiers albums, celui qui nous glaçait les sangs, qui nous scotchait sur place pour contempler la folie destructrice du chant. Des enregistrement d’enfants apportaient même un côté pervers et angoissant, comme chez Woods Of Infinity par exemple, et là, nan, plus rien… Même des titres comme Bitterljuv Kakofoni ont un réel potentiel angoissant, mais c’est trop peu exploité, trop peu travaillé pour faire frissoner l’auditeur.

En définitive, on retrouve un Lifelover qui se repose sur ses acquis. Il ne fait que ressortir des éléments ayant fonctionné par le passé, mais des éléments qui ne nous surprennent plus le moins du monde. C’est dommage parce que le groupe a un réel potentiel, on le sait car les albums précédents en sont la preuve ! Pourquoi ne pas avoir pris le temps de peaufiner tout ça pour nous en mettre à nouveau plein la gueule avec des ambiances morbides et glauques à souhait ?
Pour faire simple, on en attendait bien plus de la part de nos suédois.

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par Pit, le 22 janvier 2011
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Sjukdom - Infos

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Sortie : 14 février 2011
Genre : Post-Black Metal/Black Metal Dépressif/Rock Psychédélique
Label : Prophecy Productions
Playlist :
1. Svart Galla (04:28)
2. Led by Misfortune (03:07)
3. Expandera (03:49)
4. Homicidal Tendencies (01:44)
5. Resignation (03:37)
6. Doften Av Tomhet (05:03)
7. Totus Anctus (03:51)
8. Horans Hora (06:19)
9. Bitterljuv Kakofoni (04:14)
10. Becksvart Frustration (04:28)
11. Nedvaknande (02:51)
12. Instrumental Asylum (04:52)
13. Utdrag (03:17)
14. Karma (04:30)
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