Partis sur des chemins obscurs du Black Metal pour arriver petit à petit sur les voies oniriques d’un Metal introspectif, les autrichiens reviennent à leurs premières amours sur un nouvel opus du nom de Flammentriebe.
La grosse surprise est que cet opus ne s’inscrit pas vraiment dans la droite lignée de ce qu’avait entrepris le groupe depuis Hexenwind. Ici, on sent clairement que Eviga et ses acolytes tentent une petite rétrospective avec des aspects plus bruts et des guitares plus présentes. Mais que les fans de la dernière heure se rassurent, le côté envoûtant des mélodies enchanteresses et des murmures mystérieux d’Eviga sont toujours très présents.
Avec ce nouvel album, Dornenreich nous entraîne dans une exploration musicale étrange et où tout est possible. Les autrichiens n’ont sans doute jamais été aussi loin dans les retranchements de leur musique, et ils explorent tout ce qu’il leur est possible, tout en restant ancrés dans un son qui leur est propre. L’utilisation des instruments est la marque de fabrique infaillible du groupe, et l’insertion de violon est vraiment pertinente et apporte une certaine chaleur à l’ensemble. Parce qu’en effet, malgré la sensation de rêve et de quiétude, tout demeure assez froid et brumeux. Le chant allemand ne fait rien pour arranger les choses, et au final, c’est un album assez étrange que l’on a là !
Quelque part entre violence et introspection, ce nouvel album de Dornenreich se démarque vraiment des autres par sa richesse, son intelligence et ses variations. Sans en faire trop, Dornenreich nous livre un Metal nuancé dans la lignée des
Drudkh,
Negură Bunget et autres
Burzum. Baigné dans une contemplation de la nature, ces groupes nous livrent une musique émotionnelle sincère et réfléchie. Et sans jamais tomber dans la caricature du Pagan Metal, sans jamais se copier, on sent une maturité certaine. Dornenreich a sans doute ouvert beaucoup de voies, mais aujourd’hui, il compte bien se distinguer encore plus avec un album fort, aux éléments folk discrets, à la puissance parfaite, à la production juste. Au long de ces trois quarts d’heure d’errance dans l’univers des autrichiens, les sentiments évoluent, se remuent, et laissent place à un mystère planant.
Au final, avec Flammentriebe, Dornenreich nous offre un album prenant, stimulant, et qui nous fait voyager d’un monde à l’autre, d’un sentiment à l’autre. Flammentriebe est un disque riche qui fait le pont entre les premiers albums clairement plus Black et les derniers qui semblaient avoir oublié d’où ils venaient. Ici, les eux époques se mélangent à merveille pour laisser une part importante à la dualité qui fait de l’être humain ce qu’il est.