You Die And I est déjà le troisième album des Italiens de Bejelit. Si le groupe est encore relativement inconnu en France, il est certainement bon de préciser qu'ils évoluent dans un mix entre le heavy à la
Heavenly et le metal progressif à la Eldricht, avec un net avantage pour ces derniers. Racines italiennes obligent. Bref, nous ne sommes pas à l'école
Rhapsody Of Fire, même si l'on sent que le chanteur a du bien écouter le travail de
Fabio Leone, notamment quand on se penche à son travail sur les balades. Mais inutile de brûler les étapes trop vite, ce n'est même pas certain que ce point sera abordé. Quoique...
On parle souvent du troisième album comme un passage, un cap, que dis-je, une péninsule et patati et patata. De nos jour, cette réflexion est totalement obsolète avec l'arrivée des nouvelles technologies avec lesquelles les groupes doivent composer et qui ne créées plus ce sentiment d'attente chez les fans comme aux origines du genre, où les news filtraient dans les magazines et pas directement sur la toile, avec le son qui avec. Cependant, il n'est pas certain que ce soit avec ce You Die And I que Bejelit parviendra à s'imposer hors de ses frontières. Les raisons peuvent être multiples comme toujours et si le manque d'originalité sera forcément montré du doigt, ce n'est de loin pas la raison première vu que le groupe joue plutôt bien et fourmille d'idées.
Le gros point faible de cet album réside en sa production, plutôt faiblarde au niveau du mix, qui rend le tout affreusement brouillon et qui nuit gravement au plaisir d'écoute, surtout avec le style de musique joué. Le metal tendance power et prog de Bejelit mériterait un son bien plus clean, plus lisse oserait-on dire, pour réellement donner libre court à tous les instruments qui finissent là par se chevaucher de façon balourde, noyant souvent les parties de clavier dont le traitement a été salement sacrifié. Ainsi, un morceau comme
She's Lying 6 Feet Under ou un titre comme
Orfeo 10 souffrent abominablement de la ligne de basse qui a tendance à couvrir le tout, provoquant une espèce de bruit de fond désagréable. C'est bien dommage parce que sinon, les parties mélodiques se tiennent bien, le groupe sait donner du relief et de la subtilité à ses compositions.
Parce que du potentiel, il y en a ! Rien que
Rostov est une petite leçon de réalisme. Idéalement placé en introduction, il trompe l'auditeur qui ne sait pas à quel sauce il sera mangé. Thrash ? Black metal ? Death mélodique à la
Arch Enemy ? Finalement rien de tout ça. Juste du heavy prog tout ce qu'il y a de plus classique, mais bien pensé. Avec un chanteur assez convenu dans son genre, mais efficace. Une voix claire qui sait flatter l'oreille, boostée de temps à autres par quelques choeurs discrets. Pour en revenir à l'allusion à Fabio Leone, on peut ressentir son influence quant à la façon qu'à
Fabio Privatera d'aborder les balades, en les approchant d'une voix plus grave, plus profonde, quais sensuelle, avant de pousser ce qu'il faut sur les refrains (
Good Night My Shade, très bien foutue). Bref, des arguments qui permettent à Bejelit de s'en tirer à bon compte malgré les problèmes de son et d'enregistrement qui nuisent à certains enchaînement comme à certaines mélodies.
You Die And I est un disque qui aurait pu être très bon et qui se contente d'être bon en définitive. les musiciens sont pros, ils ont des idées, ils récupèrent des idées pour en faire les leurs, mais tout ce travail est amoindri par une qualité sonore loin d'être convaincante et c'est bien dommage. Nul doute que la prochaine fois, Bejelit se montrera plus son avantage et que cette fois-ci, il pourra entreprendre une conquête de l'Europe bien méritée. Et si jamais le chroniqueur de cette chronique disparait, c'est que les Capone de la formation lui auront fait prendre un bain de pied au ciment dans la Méditerranée...