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Chroniques :: Chronique de Hey Stoopid

Chronique de Hey Stoopid

Alice Cooper  - Hey Stoopid (Album)

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Hey Stoopid - Alice Cooper



Que peut on attendre d'un bon album ? Qu'il soit technique, structuré, cohérent, qu'il respecte un certain univers, une ambiance définie ? Les raisons d'adhérer ou pas à la logique narrative et structurelle d'un album sont autant subjectives que nombreuses, et demandent d'avoir au moins un bon album comme base référencielle. Et donc, voici pour vous un exemple indiscutable de bon album.

Ce serai presque un affront de prétendre vous présenter Alice Cooper, un artiste compositeur qui a écrit dans tant de registres et styles musicaux différents que la limite de son talent créatif reste encore à démontrer.

Il y a énormément de choses à dire par rapport à « Hey Stoopid » qu'il est difficile de trouver un point de départ à cette analyse. Commençons donc par le plus évident : la musique. L'album fait partie de la vague de composition « hard rock/heavy metal » de l'artiste, avec notamment son prédécesseur, « Trash », lui aussi, excellent dans son genre. La composition est pêchue, sait envoyer la sauce comme et quand il le faut, et ce, dès le premier morceau, Hey Stoopid. Solos virtuoses, rythme entrainant, voix rauque à souhait. Tout dans le morceau est maîtrisé, rien n'est laissé au hasard, pour le plaisir des oreilles.

La structure de l'album est parfaite, sans commune mesure. Les ballades sont amenées par les morceaux plus « nerveux » et inversement. Rien ne dérange dans la composition de l'oeuvre. Tout est mis en place pour couler de source. L'ambiance de l'album est travaillée, sans chichis, sans justifications inutiles et redondantes de la part de l'auteur. Que ce soit dans l'humour trash habituel chez l'artiste que l'on retrouve dans « feed my frankenstein », ou bien cette atmosphère un peu « desperados » que l'on voit dans le morceau « Love's a Loaded Gun ». Tout est orchestré ici pour que la magie opère, sans avoir pour autant à l'expliciter clairement. La structure est à l'album ce que la table des matières est au livre. Indispensable. Elle doit pouvoir se suffire à elle-même et donner les bases de la narration. Ce qui est parfaitement réalisé ici.

Les featurings sont bien choisis, que ce soit en terme de style artistique ou de choix de composition. Il ne s'agit pas ici de faire mouiller inutilement les culottes cloutées des fangirls du genre. Que ce soit Steve Vai (pour le morceau « feed my frankenstein »), Slash (« Hey Stoopid »), Joe Satriani pour pratiquement la moitié de l'album et les autres. Chacun de ces choix sont au final parfaitement adéquats, et viennent ajouter une touche de virtuosité à Hey Stoopid, lui faisant gagner grandement en technique, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

En conclusion, sans être le meilleur album de l'artiste ou bien le plus personnel sous certains aspects, Hey Stoopid est dans un sens, un album « parfait » : aucune erreur, aucune faute de goût, un mixage cohérent, une structure et une composition adaptée, des interventions d'artistes choisis avec soin. Il avance une ambiance et une esthétique sans se sentir obligé de les redéfinir à chaque morceau, et se permet même une ou deux ballades, qui, au milieu de l'énergie heavy metal, sont du plus bel effet. Ceux qui l'ont écouté comprendront. Et à ceux qui n'ont pas encore jeté l'oreille à ce bijou sans pareille, jetez vous dedans sans la moindre hésitation !

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Oui, oui, c'est toi qu'il appelle !



Après le succès (immérité selon certains) de Trash, Alice Cooper avait le vent en poupe et rien ne semblait pouvoir lui résister. L'homme a un cachet sympathie considérable. Si certains fans ont hurlé à la trahison, il en a gagné de nouveaux et même la révolution musicale liée au grunge ne semble avoir de prises sur lui. Hey Stoopid se veut la suite plus ou moins logique de Trash, le son des années 80 remisé pour sonner de façon plus moderne.

Si Desmond Child est toujours présent à la composition, il l'est nettement moins que sur Trash et le son est du coup différent. Moins FM dans l'esprit, mais toujours axé hard US bien calibré. Diverses pointures se succèdent à l'écriture, dont Al Pitrelli ou Bob Pfeiffer ce qui se traduit par des titres un peu moins catchy, un peu moins mémorables dans leurs ensemble. Là, on se rend compte que l'on peut reprocher ce que l'on veut à Desmond Child, si ce n'est un sens du hymne presque immédiat, qui fait mouche naturellement, une qualité d'écriture non négligeable quand on songe au nombre de hit singles que l'homme a indirectement à son actif, le talent du groupe étant l'autre composante de ces réussites.

Sachant toujours très bien s'entourer (on notera la présence aux claviers de Dereck Sherinian, un futur Dream Theater), avec une pléiade d'invités de folie (pêle-mêle : Steve Vai, Joe Satriani, Vinnie Moore, Slash, Nikki Sixx, Mick Mars ou encore Ozzy Osbourne), Alice Cooper tente de faire aussi bien que sur Trash sans forcément y arriver. Le facteur Desmond Child, évoqué plus haut, est peut-être l'une des causes de cette légère baisse de régime, le fait que le disque soit peut-être un peu trop gourmand sur la durée en est un autre. Douze morceaux, assez inégaux dans leur ensemble se succède, où l'excellent côtoie par moment des tentatives de remplissage.

Bien sûr, il y a de pures tueries. Comment ne pas adhérer à l'excellent Feed My Frankenstein, jouissif à souhait, dans le trip shock rock cher à Alice avec son humour décalé, ou encore le morceau éponyme sur lequel Ozzy vient épauler le Coop' derrière le micro. Comment ne pas éprouver une bouffée de nostalgie face à Wind-Up Toy qui renvoie à Welcome To My Nightmare, 16 ans plus tôt, avec le retour de Steven, le personnage fétiche de teenagers élevés aux freaks et au cinéma d'horreur ? Bref, entre réminiscence du glorieux passé et compositions efficaces, il y a de quoi se délecter de cette galette. On peut également citer pour le plaisir Snakebite et Little By Little aux refrains enlevés, des plaisirs certes un brin coupables, mais sans gêne, il n'y aurait pas de Cooper, très certainement.

A côté de cela, il y a des morceaux qui s'écoutent parfaitement, même bien, mais qui n'ont pas cette touche de folie, qui n'apportent pas ce grain spécial, ce petit plus qui rend les titres cités précédemment tout simplement délectables. Ils ont cette absence de ce qui caractérise Alice Cooper, cette volonté de jouer avec l'auditeur jusqu'à ce que ce dernier n'en peut plus et se voue entièrement à la cause de Vincent Furnier. Bref, Hey Stoopid est un album à deux vitesses, dont les parties les mieux maîtrisées sont heureusement plus nombreuses.

Selon les envies, les goûts et les caractères de chacun, Hey Stoopid est souvent plus apprécié que Trash car le côté commercial est moins marqué, il ne suinte pas à chaque morceau, mais du coup, on perd au niveau des refrains, les ballades sont moins envoutantes qu'un Hell Is Living Without You par exemple. Chaque avis se vaut, car les goûts ne sont pas universels et c'est tant mieux comme ça. Hey Stoopid est un album bien agréable, un peu trop long, certainement trop inégal, mais comme beaucoup d'autres albums de Alice Cooper, il a ce goût immodéré de revenez-y et ça, ça n'a pas de prix.



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