Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Le voila donc, le fameux album de Burzum. Filosofem... Celui qui serait le pilier du Black Metal Atmosphérique d'aujourd'hui, un peu comme
Emperoret son
In The Nightside Eclipse pour le BM Sympho.
Et bien le moins qu'on puisse dire c'est que Filosofem n'usurpe pas sa réputation. L'album est long, lent, et extrêmement aérien. La musique de Burzum se concentre désormais sur la mélancolie, voire la dépression (car le BM Dépressif doit lui aussi beaucoup à cet album). Les riff sont bluffants de simplicités -de géniale simplicité- et ils soulèvent le coeur. Ils sont extrêmement saturés, et soutenu par une rythmique monotone et simple. Quelques notes de claviers très claires viennent alléger le tout, rendre tout ça plus digestif, et plus aérien. Impossible de ne pas planer quand on aime le Black Metal et qu'on écoute cet album. La voix est extrêmement torturée (que serait
Xasthur et toute la scène dépressive sans l'influence du chant de
Vikernes?), et elle est plutôt rare. Les structures sont très simples, Varg se contente de répéter une formule plusieurs fois, sans faire d'ajouts, et, de temps en temps, chante dessus. Ce schéma s'applique pour les trois premiers morceaux en tout cas, ceux qui, généralement, font l'unanimité. Un clip est d'ailleurs sorti du morceau Dunkelheit.
La suite est plus space. Le quatrième morceau est dans la même veine que les précédents, donc rien à dire, mais sans batterie. Cela donne donc un effet de suspension des plus étranges, on adhère ou on adhère pas. Le dernier et sixième morceau est le quatrième mais sans les voix cette fois, et avec plus d'effets. En fait il s'agit d'un morceau assez Black Ambient. La musique de ces 5 morceaux est donc très intéressantes, et elle est une source d'inspiration pour de nombreux artistes dans de nombreux genres... que ce soit le BM Atmosphérique à la
Gris, le BM Dépressif à la
Xasthur, la mélancolie des groupes de l'est (la scène Ukrainienne et tout), et quelques artistes du Black Ambient.
Reste le point le plus noir de l'album... l'instrumental Rundgang um die transzendente Säule der Singularität et ses 25 minutes... Le morceau se coupe en deux. Pendant les 25 minutes, trois notes sont répétées en continu. Lors de la première partie, Varg met donc ces notes en fond, ajoute quelques rythmiques et fait parfois surgir quelques nappes de synthé. C'est le seul bon coté du morceau, les nappes de synthé assez aléatoires qui surgissent de temps en temps pendant la première partie. Et pourtant... même la c'est trop long. On ne parvient pas à ne pas se dire qu'au bout d'un moment, faudrait peut être songer à arrêter. Puis les trois notes s'arrêtent... la rythmique continue, les trois notes reviennent, et une nouvelle formule est mise en place. Mais après l'avoir entendu une douzaine de fois cette formule, on commence à la connaitre, malgré ses deux rythmiques, ses sons qui reviennent toujours au même moment et toujours ses trois petites notes qui se baladent au fond. Et le problème c'est qu'au bout de 12 écoutes de la formule on est pas encore à la moitié du quart de la deuxième partie du morceau. Donc forcément, on peut pas s'empêcher de hurler... Au remplissage? Au foutage de gueule? Au manque bidon de talent? A la naïveté? Au gâchis monumental? Ouais, un peu tout ça en fait.
Filosofem serait parfais sans ce 5è morceau. On pourrait toujours reprocher à Decrepitude II de n'être qu'une simple copie de Decrepitude I sans les voix mais le morceau dégage une certaine noirceur agréable à l'oreille. L'instrumental chiant, j'ai même pas envie de me faire chier à écrire son nom, aurait été bon avec 20 minutes en moins en fait. Donc accordons à l'album 45 minutes sur 65, et concluons que ces 45 minutes sont un concentré de pur génie, une fausse simplicité qui dissimule un vrai talent dans les compositions atmosphérique et aériennes. Merci Varg.
Les Plus :
- Des atmosphères qui soulèvent le coeur
- Mélancolique
- Une source d'inspiration pour de nombreux genres
- Les riff et mélodies faussement simples
- Une voix très torturée
Les Moins :
- 20 minutes de trop dans le 5è morceau.