Loin de se contenter d’endiguer la lente agonie de la dépouille d’un Heavy Metal traditionnel expirant, avec un premier album très contemporain mais aussi fort d’un esprit de composition délicieusement inscrit dans un passéisme que beaucoup pensaient désuet,
Hammerfall va réussir la prouesse prodigieuse d’un résurrection miraculeuse. La scène mourante bientôt va se relever. Pour ce faire le groupe va commencer par stabiliser son line-up en remplaçant les trois musiciens d’
In Flames. Car, en effet, si les hommes ont été irréprochables, leur implication, au sein de ce qui, pour eux, ne pouvait être qu’une parenthèse, ne peut être suffisante pour échafauder un édifice sur le long terme. Ainsi le bassiste Fredrik Larsson est remplacé par le talentueux Magnus Rosén. Concernant Glen Ljungström et Jesper Strömblad, respectivement guitariste et batteur, ce sont Stefan Elmgren et Patrik Räfling, qui ont déjà participé au premier assaut du groupe, qui reprennent les postes de guitaristes et de batteur. On peut disserter longuement sur les talents indéniables des participants d’
In Flames, mais il m’apparait incontestable que d’autres, plus concernés, et, à mon sens, plus techniques, sauront mieux servir les desseins d’un
Hammerfall, de fait, plus ambitieux.
Si les principes artistiques de la réussite suédoise n’ont pas fondamentalement changés ici,
Hammerfall aura su les magnifier en progressant, surtout, sur ses propres vertus telles que simplicité, efficacité...Parlons aussi de l’apport des nouveaux venus qui, en véritable valeurs ajoutés, et du fait de leurs aptitudes plus grandes aux nuances succinctes, mais bien réelles, sauront se transcender impeccablement. On peut aussi évoquer une production un peu plus soignée donnant à ce
Legacy Of Kings un son peut-être un soupçon plus compact et moderne, mais assurément plus puissant et plein. La différence pourrait apparaitre comme un argument au gout de subterfuge habile, aux oreilles non aguerris, tant elle est mince, pourtant elle est bien réelle. Il y a aussi cet enthousiasme bien mieux maitrisé qui donne à entendre des titres plus aboutis, empreint d’une certaine maturité. Comme pour attester de manière la plus évidente qui soit, de ce climat d’ensemble posément plus réfléchi, cette évidence s’exprime dans toutes ses teintes subtiles qui parsèment cette œuvre. Ainsi la présence de ces titres mid-tempi plus souverain, à l’image d’un Let The Hammer Fall aussi évident qu’excitant, ou d’un At
The End Of The Rainbows, en sont le témoignage le plus authentique. Bien entendu les morceaux les plus succulents, aux déroulements les plus épiques, aux refrains les plus fédérateurs, aux structures les plus énergiques mais néanmoins captivantes, aux constructions les plus prompte, apparaissant véritablement comme la signature la plus particulière du groupe, sont présents. De la sorte un très bon Heeding The Call au rythme enlevé, où on notera avec délectation la technicité de Patrik et de ce jeu de grosses caisses nuancé, notamment sur cette entame ; un succulent
Legacy Of Kings ; un intéressant
Dreamland, un savoureux Stronger Than All, sont autant de moments forts qui offrent à
Hammerfall une excellence amplement méritée. Ajoutons un sublime Back To Back à la vivacité redoutable, formidable reprise de
Pretty Maids, et l’on comprendra aisément que ce disque constitue un summum indispensable, où même la ballade Remember Yesterday est une réussite.
Véritable
quintessence de ce renouveau, ce
Legacy Of Kings, ouvre à
Hammerfall les portes d’un panthéon plus que méritoire. Arrivant bien des années trop tard, à défaut d’être culte, cette œuvre aura l’avantage de démontrer toutes les qualités et l’immense talent de ces suédois.