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En matière de folk metal on ne compte même plus les OVNI qui, périodiquement, traversent la scène comme des comètes pour voler sois vers une glorieuse réussite, sois se crasher lamentablement au premier album (mais on rencontre aussi toutes les situations intermédiaires). Dans cette cacophonie générale, si les Bâtards du Nord sont loin de remporter la palme de l'originalité, ils se classent néanmoins honorablement.
Qu’on se figure donc une collection de chanson à boire, de récits d’expéditions et de combats, le tout chanté dans un Français claire et parfaitement intelligible, accompagnées par guitares, batterie et instruments celtico-médiévales... Bon, il faut bien le dire, d’un point de vue musicale le groupe ne constitue en aucun cas une révolution ; néanmoins le tout est agréable et amusant, plaisant à écouter ; rien de tel pour se remonter le moral ! Du « metal festif », ainsi que le groupe se décrit lui-même.
L’élément le plus inhabituel et le plus perturbant, pour nous autres francophone, est incontestablement d’entendre chanter dans notre langue, et de comprendre les paroles. Bien peux parmi les groupes francophones ont fait le pari de chanter dans leur langue maternelle, et s’ils l’ont fait c’était la plupart du temps en chant black ou death (à l’instar d’
Aes Dana ou de
Belenos) c'est-à-dire difficilement intelligible. Que ce soit un groupe canadien qui ait relevé le défi y rajoute encore du piment ; et pour ceux qui se poseraient la question, non, ils n’ont pas plus d’accent que n’importe quel français de France, et largement moins que le lillois standard !
Du reste, les textes sont assez curieux ; incontestablement, qu'ils soient parfaitement distinct apporte quelque chose et le chant, tant féminin que masculin les sers très bien. Cependant la qualité en est assez variable ; qu'on ne s'attende pas non plus à la majesté d'une saga norvégienne. Tous les textes sont au présent, dans un langage tout ce qu'il y a de plus courant, sans médiévalismes.
Quelques passages au passé simple prennent cependant une tournure assez épique, mais d'autres donnent dans un ésotérisme à la disneyland particulièrement ridicule (la sorcière et son chaudron, le guerrier et sa hache et ainsi de suite) . Sans oublier évidemment le couplet écologiste (le roi fait couper les arbres, battons nous pour les sauver).
Au final, quoique passablement ridicule, c'est néanmoins assez plaisant et distrayant à écouter,
Pour le reste, la musique est assez simple, et essentiellement dominée par les courants folks. Flûtes, guitares folk et percussions sont omniprésentes. Une seule piste instrumentale au demeurant (Rituel), où l'on peut notamment entendre une guimbarde, mais de nombreux passages instrumentaux.
Bref,
La Terre Nous Appelle n’est peut être pas du très grand metal, mais de toute façon il n’y prétend pas, et musicalement parlant il est quand même largement plus évolué que les gargouillis rap-folk de Manaun, avec lequel on pourrait être tenté de le comparer. L’album parfait à écouter un jour de mauvais temps ou de déprime !