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Chroniques :: Chronique de Theatre Of Pain

Chronique de Theatre Of Pain

Mötley Crüe  - Theatre Of Pain (Album)

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10

Mötley qui rit, Crüe qui pleure...



Après un début de carrière en fanfare, Mötley Crüe avait toutes les cartes en main pour prendre le leadership de la scène heavy rock US : gros son, prêche d'enfer, compositions simples mais diablement efficaces, image sulfureuse à souhait... Bref, de quoi rétablir les quotas de la notion sex, drugs and rock'n'roll à des niveaux atomiques. Puis il y a ce coup du sort, un accident mortel causé par un Vince Neil en état d'ébriété qui coûtera la vie à Nicholas "Razzle" Dingley, batteur du groupe Hanoi Rocks. Le groupe a donc subit un coup d'arrêt et du coup, toute la dynamique liée à Shout At The Devil a eu le temps de s'envoler.

Aussi, Theatre Of Pain est un disque qui vit une véritable évolution dans le style, pas forcément de la meilleure des façons. Disons qu'il sonne un peu creux face aux deux précédents opus qui avaient été des pavés dans la vague. Pourtant, la plupart des morceaux sont vraiment de bonne facture sur cet album. On ne peut pas parler d'un mauvais disque. on peut juste lui reprocher de ne pas être subversif, fallacieux et aussi jouissif que ses grands frères.

L'aspect heavy metal de Shout At The Devil a d'ailleurs complètement disparu et on est loin de la fraîcheur d'un Too Fast For Love. pourtant Mötley Crüe continue à dégager un esprit rock assez malsain, les deux premiers morceaux, City Boys Blues et la reprise de Smokin' In The Boys Room de Brownsville Station, sont de très bonne facture, un bon moment ou ça roll autant que ça rocke. Une mise en jambe des plus acceptable, où l'harmonica de Vince Neil s'offre un duel avec la guitare de Mick Mars sur le second titre cité.

Mais voilà, le reste tombe rapidement à plat. Bien sûr, on retrouve encore de très bonnes compositions comme un Fight For Your Rights dynamique placé en fin d'album et surtout une power ballad magnifique, au piano délicat, Home Sweet Home, qui ouvre de nouveaux horizons pour Mötley Crüe. Les autres titres tournent un peu en rond, des mid tempos pas toujours très inspirés, parfois un peu poussifs. Le grain de folie du Crüe semble loin. Le rendu n'est pas aussi heavy qu'il devrait l'être. Le tout passe très bien, mais il n'est pas forcément évident de se rappeler après coup de la teneur de l'album. les accroches sont maigres. Ce n'est pas mauvais, mais ce n'est pas accrocheur. Et quand on pense aux deux précédents disques, le constat est amer : le rock'n'roll c'est bien, mais avec le fun, c'est mieux.

Theatre Of Pain n'est pas la bouse qui est parfois décrite. Il ne faut pas exagérer. Mais voilà, en deux ans, de nombreux groupes ont émergés, tels Ratt, W.A.S.P. ou encore Quiet Riot et les choses ont changé. Le piédestal est vacillant et le titre de leader naturel d'une scène californienne en pleine effervescence menace alors à tout moment d'échoir à un groupe concurrent. Les temps sont durs et ce n'est pas avec cet album que le Crüe va tirer son épingle du jeu. On ne peut pas toujours gagner.



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