Universum? Nightrage? Scar Symmetry? Ou MyGrain peut-être?
Les revoilà, nos suédois d'australiens! Rappelez-vous, en 2008 sortait Leto Destinatus, premier album d'Universum, et véritable hommage à la scène Death Mélo qui secoua le Metal il y a de ça quelques années maintenant. Et bien sachez-le, ils sont de retour et n'ont pas l'air très contents!
Voici donc Mortuus Machina, avec sa pochette énigmatique et ses guests en pagaille. Un peu plus de deux années après leur première apparition, il semble que les australiens n'aient pas chômé. Lumière!
Ceux qui ont pu se pencher sur Leto Destinatus se souviennent sans doute de ce Death Mélodique racé, puissant, marqué par une vitesse d'exécution hallucinante que ne renierait pas Nightrage (Marios Iliopoulos et Olof Morck sont d'ailleurs présents sur "Sum Of The Universe"). Et bien cette année, il semble qu'Universum se soit décidé de rendre un vibrant hommage à Scar Symmetry, l'une de ses influences avouées. Pour l'occasion, le sextet s'est offert les services de Christian Alvestam (premier chanteur de Scar Symmetry) sur trois titres.
Le premier fruit de cette collaboration, "Fractured Archetype", lance Mortuus Machina d'une façon tout à fait convenable, avec des gros riffs, une assise rythmique percutante, des solis à n'en plus finir et des mélodies/refrains accrocheurs. On nage en plein classique, en même temps Universum n'a pas la prétention de réinventer quoique ce soit. "Sum Of The Universe" et "2.0", les deux autres apparitions d'Alvestam, semblent avoir été composé pour lui, tant on retrouve ce feeling Scar Symmetry...
Sans temps mort, la musique des australiens se poursuit, écrasant toute résistance sur son passage. Avec des morceaux comme "Genetic Sequence Distortion", "Slaves To The New Order" ou "Blank Infinity", Universum la joue même Cyber Death Mélodique, un peu à la façon des finlandais MyGrain (leur chanteur joue sur "Asymmetric Dimensional State"!), apportant ainsi un côté ultra-moderne qui sied bien aux compos.
Ce qui frappe le plus à l'écoute de ce nouvel opus, c'est la fougue d'Universum, ce côté in your face consenti, qui fait de sa musique un magma rougeoyant prêt à se déverser sur l'auditeur. Notons le très puissant et tout aussi technique "Aeon Displacement", sans doute le meilleur titre de Mortuus Machina, qui a le don de rappeler de bons souvenirs aux nostalgiques du Death Mélodique...
En revanche, là où les australiens pêchent, c'est bien évidemment du côté de l'originalité de sa musique. Et ce ne sont pas les nombreux invités (Ola Frenning, ex-Soilwork, en plus des mecs de Nightrage, MyGrain et Scar Symmetry) qui le cacheront. Les plans proposés sont bien souvent vus d'avance, malgré que le tout soit très bien exécutés. On touche le même problème que Leto Destinatus, sauf que là on a l'impression qu'Universum persiste dans une musique qui manque clairement d'originalité.
Au final, cet opus semble difficile à cerner. D'un côté, on a un Death Mélodique puissant, moderne, et super bien mené, d'un autre on a du mal à trouver ce petit plus qui sortirait Universum des centaines d'autres groupes du style. Que dire de plus si ce n'est que c'est à l'auditeur de faire son choix et de se positionner dans l'une ou l'autre de ces catégories?
Allez, au moins pour "Aeon Displacement", Mortuus Machina mérite une chance!