Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Niçois d’Xtrunk se sont donnés les moyens. Daniel Bergstrand, le célèbre producteur suédois, qui a notamment oeuvré avec des pointures comme
Meshuggah,
In Flames ou encore
Behemoth, travaille à nouveau avec la formation méditerranéenne et se pointe sur « Full Confession » pour le mixage. Un atout de choc pour démontrer le talent de la machine française nettement influencée par la scène death Scandinave.
« Not in Vain », le premier brulot des Français, avait été plébiscité à sa sortie pour son professionnalisme et sa technique. Cependant, une affiliation trop forte à la scène Nordique a été grandement reprochée, avec une nette comparaison à
Soilwork. Deux années après, voyons ce que Xtrunk a appris après avoir tourner en Europe, en compagnie de
Gojira, ou encore de
Dagoba.
Mais dire que Xtrunk ne plagie pas ses aînés serait un mensonge. En effet, ce « Full Confession » confirme une fois de plus la simple identification au death metal made in Göteborg. Aucune prise de risque donc, mais beaucoup de bonne choses sont tout de même à noter, comme l’excellence technique qu’offre les Niçois. On sent que les compositions ont été travaillées : les riffs thrash mélodique sont pointilleux et saccadés, la voix ne se contente pas d’être linéaire, elle varie selon les plaisirs (du growl death au cri braillard) et la batterie ne chôme pour ainsi dire jamais.
Les Niçois se donnent à fond et on pourrait penser que ceux-là ne sont pas Français, ce qui au final pose problème. Le talent y est, mais c'est comme si le combo n'était pas allé jusqu'au bout de sa démarche. Xtrunk donne l’impression de ne pas vouloir se détacher de ses pairs suédois et de se contenter de se fondre dans la masse.
Bien entendu, si Xtrunk avait été d’une contrée nordique, on aurait probablement davantage entendu parler d’eux. Seulement, ils sont français et la demande de groupe dans un registre mélodique teinté de death et de thrash est en vogue. Malgré une production énorme et une grande soif de reconnaissance, Xtrunk s’efface petit à petit avec son deuxième album.
« Full Confession » n’est pas mauvais, loin de là, il y réside une volonté de réussir, mais aussi celle de ne pas aller jusqu'au bout de la démarche. Alors oui, cet opus est réussi, mais il est certain que nos Français n’auront que les miettes du gâteau. Avec des compositions léchées, Xtrunk ne réussira qu’à faire peu parler de lui, à cause d'un plagiat assez troublant. L’intention était bonne, le résultat l’est aussi, mais ce manque de personnalité coutera cher aux Niçois. Espérons qu’ils ne récidivent pas une troisième fois dans la copie avec un prochain CD, en attendant, allons donc réécouter un bon petit
Reroute To Remains.