Il y avait du vrai dans leur dernière offrande ; ce qui ne le tue pas le rend plus fort. Pour le coup faut croire que les critiques les ont rendu plus fort.
Ektomorf revient dans les escarcelles avec un nouveau défibrillateur prêt à réveiller plus d'un cœur en mal de sensations. Le bien nommé « Redemption » se veut l'album de la réconciliation, du moins c'est le but pour lequel il a été conçu. Quand on jette un œil à l'artwork on sent que le chemin tracé est assez clair, l'ami Zoltan y étant représenté en mode mea culpa, l'air d'implorer les cieux d'être si fan d'un certain
Max Cavalera.
En tout cas ceux qui s'attendent à de grandes innovations risquent d'être déçu. Ce n'est pas demain la veille qu'on ouïra le son divin d'un break au saxophone ou de douces envolées lyriques dans le bloc d'adamantium de ces ferrailleurs fous. Non, la section rythmique de bûcheron, apposée tel une armoirie reconnaissable, est toujours présente. Seulement, l'ombre des brésiliens semble s'éloigner par instant au profit d'une musique un poil plus personnelle. Ça casse pas trois pattes à un canard, mais cela à au moins le mérite de faire bouger nos cervicales de manière frénétique.
Parce que voilà, le combo a toujours été un un groupe scénique. Un titre mi-figue mi-raisin sur disque peut s'avérer être une véritable tuerie en live. Et pourtant « Redemption » arrive à nous proposer par moment ce qui pêchait sur « What Doesn't Kill Me... », à savoir des titres sans prise de têtes et particulièrement efficaces. Et c'est introduit par une courte intro guitaristique que « Last Fight » déboule sans prévenir et nous conforte dans l'idée qu'Ektomorve à le sens de la mise en place en positionnant d'entrée de jeu un morceau surpuissant et agressif. Leur style neo thrash/hardcore fait toujours des ravages, le groove enroulé autour de chaque morceaux envoient la dose nécessaire de punch qu'il faut.
Ensuite, niveau prestation vocale ben il faut dire que là c'est la cerise sur le gâteau. Zoltan a décidé de dégainer sa voix claire et là c'est plutôt pas mal. « Sea of My Misery » convainc en empruntant la forme d'une ballade acoustique, un côté presque malsain se dégageant par instant. D'ailleurs, il est bon de noté que la production est au taquet, le rendu sonore y est un peu sale avec ce léger grésillement des guitares.
Mais bon voilà, il ne faut pas se voiler la face non plus.
Ektomorf fait toujours du
Ektomorf et nous bassine de titres insipides (« Revolution », « Redemption », notez la recherche des titres !). Ceux là manquent réellement de profondeur, même si parfaitement exécutés, en nous servant une assise rythmique très proche. Très convenu donc dans leurs agencements, les riffs n'en deviennent que moins efficients. L’essoufflement se fait ressentir même après un « The One » qui voit l'intervention d'un Danko Jones sur un refrain sympathique et enjoué.
Résultat des courses Ektomorfle nous gratifie d'un « Redemption » qui, même s'il ne rentrera pas dans les annales des perles enchantées thrashisantes, se place un bon cran au dessus de l’immondice de 2009. Le chemin est certes encore long et étroit, il faudrait juste que le groupe dévie encore plus sa trajectoire vers un truc plus fou et moins carré. A l'heure d'aujourd'hui, ce dernier opus se consomme chaud, au fil des écoutes il perd de son charme et ne tournera pas bien souvent dans vos platines. Finalement, on le ressortira de temps en temps, histoire de se foutre une patate d'enfer.