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Chroniques :: Chronique de Persistence of Time

Chronique de Persistence of Time

Anthrax  - Persistence of Time (Album)

 8 
10

Le dernier du Mohican



1990 est un assez bon cru dans le domaine du thrash. Bien sûr, il y a Slayer qui nous pond le meilleur album jamais réalisé dans le genre avec son Seasons In The Abyss, Megadeth retrouve une jeunesse sur Rust In Peace, Kreator tabasse en Europe avec son Coma Of Souls et derrière, la relève commence à pointer le bout de son nez. Puis il y a le cas Anthrax avec son Persistence Of Time. Un disque mal-aimé et profondément sous-estimé.

Quand les New-Yorkais ont accouché du Among The Living en 1987, le succès fut phénoménal et cet album contribua également au succès du mouvement thrash de la seconde partie des années 80. Aussi, les membres du groupes (très certainement poussés par leur maison de disque) sortirent rapidement un State Of Euphoria pas si euphorique que ça. Passé Be All, End All et la reprise d'Antisocial de notre Trust national, ce disque c'est débâcle, déroute, branlé. Des qualificatifs que l'on associe généralement aux équipes de foot de ligue 1 française après un match de coupe européenne. Par la suite, le groupe sera le premier à dénoncer cette galette qui ressemble à une flaque de vomi devant un bar, un dimanche matin. Trop rapidement composé, trop rapidement enregistré, trop rapidement digéré.

Persistence Of Time arrive deux ans plus tard, à une période de grands changements, où le pire côtoyait le meilleur et Anthrax se classait bien vite dans le rang des groupes décevant. La faute à des compositions plus longues, moins rentre-dedans que par le passé et surtout, une ambiance sombre qui ne laisse pas franchement de place au fun. Se baser sur la durée des chansons et leur complexité est une fausse excuse. Metallica avait ouvert la voie en 1988, Slayer et Megadeth ne faisaient pas dans la simplicité non plus en 1990. Le côté sérieux certainement. Une incompréhension.

Cet album n'annonce pas les changements à venir. Il s'agit toujours de thrash, mais Anthrax prend son temps (désolé), prend la peine de construire des morceaux moins faciles, qui demandent quelques écoutes pour être parfaitement assimilés. Il y a par exemple Time, où les aiguilles d'une pendule égrainent les secondes, de plus en plus rapidement, jusqu'à ce que le groupe n'intervienne dans l'urgence. Charlie Benante fait un très bon travail de rythmique, carré et puissant, bien secondé il est vrai par Frank Bello et Scott Ian. Ce ne sont pas les soli qui captent l'attention sur cet album, ni le chant. Ce sont les constructions de morceaux qui font cette ambiance et qui créées tout l'intérêt de cet opus. On se surprend vite à fredonner les refrains, très bons, qui émaillent cet album. Il y a celui de Blood, énorme. Il y a celui de Keep It In The Familly, mortel. Et le pire, on est pas dépaysé : Joey Belladonna chante toujours un peu faux et donne toujours l'impression d'évoluer dans un registre mieux adapté au heavy metal qu'au thrash. Dan Spitz assure peut-être des soli moins fringants que par le passé, mais qui s'intègrent bien à l'ensemble.

Puis à mesure que l'on progresse dans l'écoute, on revient à un style plus moche. Euh, plus mosh, pardon. A partir de Intro To Reality, les morceaux se font plus courts, plus directs. Belly Of The Beast est un petit bijou dans un style plus sautillant, Got The Time, cover de Joe Jackson prend des allures punk pas désagréable du tout, tandis que le reste s'essouffle quelque peu sur la fin tout en restant sympathique.

Pourquoi ce disque est-il un mal aimé ? Parce qu'Anthrax prend son courage à deux mains et ose devenir sérieux et se pencher sur quelques problèmes de société alors que l'on attend du fun, de la drôlerie, qui ferait de lui un groupe sympa et pas prise de tête ? Parce que l'ambiance mondiale était à l'affrontement et que le rôle que l'on attendait de ces trublions étaient de faire rire ? Parce que le thrash était trop présent et que ce disque se contente d'être bon au milieu d'autres, excellents ? Certainement un peu de tout ça et c'est bien dommage, Persistence Of Time n'a pas eu la carrière qu'il méritait.



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